Le Gobi mongol est l’un des grands gisements de dinosaures de la planète. La raison est géologique : des sédiments du Crétacé supérieur, vieux de 70 à 80 millions d’années, affleurent sur des centaines de kilomètres. Presque pas de pluie, pas de sol : l’érosion dégage les os au lieu de les enfouir.
Roy Chapman Andrews a dirigé pour l’American Museum of Natural History les Central Asiatic Expeditions, de 1921 à 1930 : cinq campagnes de terrain, en 1922, 1923, 1925, 1928 et 1930, les trois premières étant les plus fructueuses. Son équipe repère en 1922 des falaises rouges qu’elle baptise Flaming Cliffs : c’est Bayanzag, dont le nom mongol renvoie au saxaoul qui pousse au pied. Le 13 juillet 1923, George Olsen y ramasse les premiers œufs de dinosaures jamais identifiés comme tels.
Henry Fairfield Osborn décrit en 1924 Velociraptor mongoliensis et Oviraptor philoceratops. Le second porte un nom injuste, « voleur d’œufs » : on l’a cru surpris à piller un nid de Protoceratops andrewsi. Les fouilles d’Ukhaa Tolgod, ouvertes en 1993, ont montré l’inverse : un oviraptoridé proche, Citipati osmolskae, y a été retrouvé fossilisé en train de couver sa ponte. Le grand prédateur local s’appelle Tarbosaurus bataar.
Depuis 1924, la loi mongole fait des fossiles une propriété de l’État et interdit leur sortie. Le marché noir a prospéré. En mai 2012, un squelette de Tarbosaurus est adjugé 1 052 500 dollars à New York ; l’importateur Eric Prokopi plaide coupable en décembre 2012, et le squelette est officiellement remis à la Mongolie en mai 2013, suivi de plus de dix-huit autres. En décembre 2025, la France a restitué des fossiles saisis par ses douanes, dont un Tarbosaurus à plus de la moitié complet.
Regarder et photographier, rien d’autre. Ramasser un éclat d’os ou de coquille est interdit, même minuscule, même déjà détaché de la roche : signalez la pièce au garde du site et laissez-la en place. N’achetez ni « œuf » ni « dent » proposés en souvenir : au mieux c’est une contrefaçon, au pire un délit à la douane. Les souvenirs légitimes sont ailleurs.
Le musée d’histoire naturelle d’Oulan-Bator occupe l’ancien musée Lénine et expose le Tarbosaurus rendu en 2013 : une heure suffit. Cartes et chauffeurs le connaissent encore sous son ancien nom, musée central des dinosaures de Mongolie. Bayanzag est à une centaine de kilomètres au nord-ouest de Dalanzadgad, soit deux heures de piste, et à plus de 650 km d’Oulan-Bator. Le vol depuis la capitale dure environ 1 h 10 ; quotidien en été, il tombe souvent à trois rotations par semaine hors saison. Comptez de l’ordre de 90 à 160 € l’aller simple selon la période, à reconfirmer.
Sur place, une heure et demie suffit. Le site est petit et déçoit en plein midi : venez au lever ou au coucher du soleil. Les vrais bassins fossilifères, Nemegt et Khermen Tsav, sont plein ouest de Dalanzadgad : environ 280 km à vol d’oiseau pour Nemegt, bien plus pour Khermen Tsav, soit quelque 450 km de piste. Comptez deux jours de piste à l’aller, avec une nuit en route : quatre à cinq jours aller-retour, une semaine si vous enchaînez avec le reste du Gobi. Prévoyez une vraie autonomie en eau et en carburant. Mai-juin et septembre restent les meilleures fenêtres.
À suivre : circuit de 5 jours dans le Gobi · parc national du Gobi Gurvansaikhan · louer un 4x4 avec chauffeur.
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