Géographie et formation du Gobi

Le Gobi est le bout sec d’un continent, coincé derrière les plus hautes montagnes du monde. Sa formation explique presque tout ce que vous verrez par la vitre : la pierre, le gravier, les rares dunes, et l’eau qui ne va nulle part.

L’effet d’abri de l’Himalaya

L’Himalaya et le plateau tibétain arrêtent l’humidité venue du sud. L’air monte, se vide de sa pluie sur le versant indien, puis redescend sec et se réchauffe. C’est l’ombre pluviométrique. Ajoutez l’éloignement de tout océan : il tombe rarement plus de 200 mm de pluie par an, environ 130 mm à Dalanzadgad, et moins de 100 dans les secteurs les plus arides, vers le Gobi occidental. C’est un désert froid : il gèle, il neige parfois sur les dunes, et l’hiver passe couramment sous -20 °C, avec des pointes vers -40. Le plateau se tient entre 900 et 1 500 mètres : les nuits restent fraîches même en juillet. Voir le climat mois par mois.

Roche, gravier, sable

En mongol, gov’ désigne une terre sans eau, pas une mer de sable. Trois surfaces alternent : la roche nue, les immenses plaines de gravier tassé sur lesquelles filent les pistes, et le sable, largement minoritaire. Les dunes de Khongoryn Els s’étirent tout de même sur 100 à 180 km de long pour 6 à 12 de large, hautes de 80 mètres le plus souvent et jusqu’à 300 sur les plus grandes crêtes ; celles de Moltsog Els sont bien plus modestes. Sur une boucle d’une semaine, comptez un seul champ de dunes et beaucoup de cailloux. La végétation suit la nappe plus que la pluie.

Les reliefs

Le Gobi n’est pas plat. Le Gobi-Altaï prolonge l’Altaï vers le sud-est et atteint 3 957 mètres à l’Ikh Bogd. Son extrémité orientale forme les Gurvan Saikhan, les « trois beautés », trois chaînons qui montent vers 2 600 mètres dans le parc national de Gobi Gurvansaikhan, long de 380 km d’est en ouest. Ce relief creuse les gorges étroites comme Yolyn Am : l’une des rares vraies marches du Gobi, avec la montée des dunes.

L’eau ne sort pas du Gobi

Tous les bassins sont fermés : aucune rivière ne rejoint la mer. Au nord, la Vallée des Lacs, dépression de 500 km de long sur une centaine de large, sépare le Khangaï du Gobi-Altaï. Ses lacs salés, Böön Tsagaan et Orog, vivent des rivières descendues du Khangaï ; le Gobi-Altaï, lui, n’apporte aucun écoulement permanent, et certaines années ces lacs sèchent entièrement. L’ensemble est classé zone humide Ramsar depuis 1998. Ailleurs, l’eau se réduit à des sources, des puits d’éleveurs et de minces cours comme la Khongoryn Gol. On roule donc avec son autonomie : voyez eau et ravitaillement.

Des bassins de sédiments, donc des falaises

Ces cuvettes ont piégé des sédiments pendant des dizaines de millions d’années. L’érosion les recoupe en escarpements colorés : les grès rouges de Bayanzag, les couches blanches et rouges de Tsagaan Suvarga, et surtout les bassins de Nemegt et de Khermen Tsav, plein ouest. Les plus spectaculaires, mais les plus coûteux en jours : environ 450 km de piste depuis Dalanzadgad pour Khermen Tsav, deux journées à l’aller.

Ce que cela change en route

Sur les pistes, on dépasse rarement 50 km/h, d’où les longues journées de voiture. Dernière mise en garde : l’avancée du désert est réelle, mais les surfaces annoncées varient du simple au triple selon les sources.

→ À lire ensuite : le désert de Gobi · la géographie de la Mongolie · les tempêtes de sable · la grande réserve du Gobi.

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