Ikh Gazriin Chuluu, les rochers de l’est du Dundgovi

Ikh Gazriin Chuluu (Их газрын чулуу, Ikh gazriin chuluu, « les pierres de la grande terre ») est un chaos de granit posé dans la steppe sèche du Dundgovi, sur les soums de Govi-Ugtaal (Говь-Угтаал) et de Gurvansaikhan. Le massif s’étire sur une vingtaine de kilomètres et ses sommets approchent 1 700 m. Ne le confondez pas avec Baga Gazriin Chuluu : ikh veut dire grand, baga petit, et ce sont deux sites distincts, de part et d’autre de Mandalgovi.

Y aller

Comptez 240 à 270 km à vol d’oiseau depuis Oulan-Bator, bien davantage par la route. On emprunte la route goudronnée du Gobi, achevée jusqu’à Mandalgovi en 2013, puis on bifurque vers l’est sur piste. Les rochers commencent à environ 80 km à l’est de Mandalgovi, dans le soum de Gurvansaikhan. Prévoyez sept à huit heures depuis la capitale, dont deux à trois heures de piste sans balisage ni panneau. Aucun transport public n’en approche : c’est le 4x4 avec chauffeur, ou rien. Emportez une trace GPS.

Ce qu’on voit, et combien de temps

Des couloirs étroits entre des parois de granit, des aiguilles, des blocs arrondis empilés, quelques creux qui retiennent l’eau de fonte au printemps. Pas de sentier balisé ni de centre d’accueil, mais un monument à la chanteuse de chant long Namjilyn Norovbanzad et un théâtre de plein air. Une journée pleine suffit : une gorge le matin, une crête l’après-midi. Des ovoo coiffent plusieurs sommets ; ce sont des lieux de culte, on ne s’y installe pas. L’archéologue Kh. Perlee a fouillé dès 1951 des habitats non loin des rochers, mais rien n’est signalé sur place.

Escalade : sans filet

Rien n’est équipé ni documenté : aucun topo publié, aucun matériel à louer, aucun secours en montagne, et la qualité du rocher n’est décrite nulle part. On vient avec ses crash pads et ses coinceurs, ou l’on se contente de marcher ; notre page sur l’escalade en Mongolie détaille ce que cela implique. Et l’on ne grimpe pas un bloc surmonté d’un ovoo.

Saison, climat, faune

La fenêtre utile va de mai à début octobre. Les deux soums affichent en moyenne -18 à -19 °C en janvier, +20 à +24 °C en juillet, pour 150 à 180 mm de précipitations annuelles : sec, venteux, avec des tempêtes de sable au printemps. Côté faune, les notices locales citent renard, corsac, loup et chevreuil ; argali et bouquetins fréquentent les massifs rocheux du secteur. Ne comptez sur rien : tôt le matin, de loin, ou pas du tout.

Dormir et dépenser

Un camp de yourtes figure au pied des rochers, mais l’offre est mince et saisonnière : faites-la confirmer avant de compter dessus. Ordre de grandeur dans la province, repas compris : 30 à 80 dollars par personne et par nuit. Le bivouac reste ici la solution la plus logique, gratuit, mais sans eau : chargez tout à Mandalgovi, avec le carburant. Le site est classé aire protégée d’État : un droit d’entrée de l’ordre de 3 000 tugriks par personne, plus le véhicule, peut être perçu — à vérifier sur place.

Les erreurs fréquentes

Croire qu’on est dans le désert : ni dune ni sable, de la steppe caillouteuse. Faire le détour pour une heure : il ne se justifie que si l’on dort sur place. Repartir à la nuit tombée, enfin, alors que la piste du retour se retrouve mal. En contrepartie, le site reste calme hors festival et bien placé pour basculer vers le Gobi de l’est.

À lire ensuite : Mandalgovi en pratique · les falaises de Tsagaan Suvarga · Ikh Nart · aller à Sainshand.

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