Ikh Nartiin Chuluu, dit Ikh Nart, est une réserve d’environ 66 000 hectares créée en 1996 dans l’aimag de Dornogovi, sur les sums de Dalanjargalan et d’Airag, à environ 300 km à vol d’oiseau au sud-est d’Oulan-Bator. Pas de dunes ici : des chaos de rochers gris fendus de ravines, posés sur une steppe semi-désertique. Quelques sources et mares dans les vallées concentrent les animaux. C’est la porte nord du Gobi de l’est.
Aucun transport public ne dessert la réserve. La solution normale est le 4x4 avec chauffeur depuis Oulan-Bator, par la route du sud-est qui passe à Choir avant de filer vers Sainshand. Ikh Nart est à une centaine de kilomètres au sud de Choir, et l’on finit sur piste. Comptez la journée. Autre formule : le train jusqu’à la gare d’Airag, sur la ligne d’Oulan-Bator à Pékin, à quelque 350 km de voie ferrée de la capitale. De la gare, comptez encore une soixantaine de kilomètres de piste. Sans véhicule commandé à l’avance, vous resterez sur le quai.
La réserve compte 33 espèces de mammifères. Les vedettes sont l’argali, le plus grand mouton sauvage du monde, et le bouquetin de Sibérie, que l’on repère sur les crêtes. S’y ajoutent gazelles, âne sauvage, loup, renard corsac, chat de Pallas et lynx, que vous ne verrez probablement pas. Côté oiseaux, 125 espèces recensées et un classement BirdLife en zone importante pour les oiseaux : vautour moine, vautour de l’Himalaya, aigles. Bon terrain d’observation ornithologique, et l’un des rares endroits où l’on approche la faune mongole à pied.
Ikh Nart sert depuis longtemps de terrain de recherche à des biologistes et à des archéologues, en particulier autour de l’argali. Earthwatch y a longtemps envoyé des bénévoles ; ces séjours ne figurent plus à son catalogue. Conséquence pour le visiteur : les guides locaux connaissent les secteurs où se tiennent les animaux. La station n’est pas un centre d’accueil du public : ne prévoyez pas de la visiter.
Quelques camps de yourtes fonctionnent dans la réserve ou à sa lisière, en saison seulement, et se réservent par agence. Le bivouac reste possible, mais apportez votre eau : les sources sont rares et servent à la faune comme aux troupeaux. Aucun commerce ni station-service à l’intérieur ; on se ravitaille à Choir ou à Airag.
De mai à septembre. Mai et juin pour les jeunes et les migrateurs, septembre pour la lumière et le calme. L’été est chaud et sec, l’hiver très froid et sans hébergement ouvert : voyez le climat du Gobi mois par mois. Deux nuits suffisent pour deux ou trois sorties d’observation. Le site se combine avec Khamaryn Khiid et le reste du Gobi oriental. Le budget se joue sur le véhicule : 350 km de route au moins dans chaque sens, pour vous seul ; à quatre, la course se divise. Nos exemples de prix donnent les ordres de grandeur.
Rien n’est garanti. Les argalis gardent leurs distances et se fondent dans la roche : sans jumelles, vous ne verrez rien. Il faut marcher, tôt le matin ou en fin de journée, et accepter de rentrer bredouille. La réserve n’est pas clôturée : des éleveurs y vivent avec leurs troupeaux, et vous croiserez des chèvres avant les bouquetins. D’anciennes mines abandonnées entaillent le paysage, et le réseau passe mal dans les creux. Voyez aussi nos erreurs fréquentes dans le Gobi de l’est.
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