Khamaryn Khiid se dresse dans le Gobi, à quarante ou cinquante kilomètres au sud de Sainshand. Fondé vers 1820 par le poète Danzanravjaa, rasé en 1937, reconstruit depuis 1990. L’un des rares sites du Gobi de l’est très fréquenté par les Mongols, beaucoup moins par les étrangers.
Danzanravjaa (1803-1856) était le cinquième Noyon Khutagt, une lignée de réincarnations de l’école nyingma, les bonnets rouges. Il fonde le monastère à dix-sept ans. À son apogée, le lieu aurait compté plus de quatre-vingts temples et environ cinq cents moines, une bibliothèque publique, une école et un théâtre créé en 1832, tenu pour le premier théâtre public professionnel de Mongolie. Sur l’homme : Danzanravjaa, poète du Gobi.
En 1937, pendant les purges staliniennes, les moines sont chassés et le complexe brûlé jusqu’au sol. Ce que vous voyez a été relevé après la révolution démocratique de 1990 : temples neufs, stupas blancs, chantier encore ouvert par endroits.
Le coeur du site tient en une heure : quelques temples en activité, un office le matin, des ovoo le long de l’approche. Au nord, des grottes de méditation servaient aux retraites de cent huit jours ; on y monte à pied. À quelques kilomètres, l’enceinte consacrée par Danzanravjaa est le vrai motif du déplacement des pèlerins : le Shambhala de Danzanravjaa. Une demi-journée suffit pour l’ensemble.
Avant la destruction, le lama Tuduv avait enterré les biens du monastère dans le désert. Son petit-fils, Altangerel Zundui, les a exhumés et ouvre le musée en 1991. La collection dépasse deux mille pièces : manuscrits, costumes de scène, masques rituels, statues. Petit et sans traduction française, comme la plupart des musées provinciaux, mais c’est lui qui donne son sens au site. À voir avant le monastère.
Sainshand est à environ 463 km d’Oulan-Bator. Le train de nuit met une dizaine d’heures : le moyen le plus simple et le moins cher d’atteindre le Gobi sans véhicule. L’heure d’arrivée varie : petit matin pour le direct Oulan-Bator–Sainshand, 1 h à 4 h du matin pour les trains qui continuent vers Zamyn-Uud. Vérifiez l’horaire et prévenez l’hôtel. La route, goudronnée via Choir depuis 2013, se fait en bus ou en voiture dans la journée : aller à Sainshand. De la ville au monastère, aucun transport régulier ; il faut un taxi, moins d’une heure de trajet. Négociez prix et attente avant de monter : de l’ordre de 40 000 tugriks la course, attente comprise, à vérifier sur place. Hôtels et repas : Sainshand en pratique.
Mai-juin et septembre sont les mois confortables ; l’été est brûlant et sans ombre, l’hiver froid et venté : climat du Gobi mois par mois. Des pèlerins mongols viennent toute l’année, en nombre les week-ends d’été et lors des cérémonies. Ces dates suivent le calendrier lunaire et s’annoncent tard : demandez au musée. On tourne autour des ovoo dans le sens des aiguilles d’une montre, on ne photographie pas les fidèles sans demander, on couvre ses épaules : politesse et coutumes.
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