Quand on dit « Gobi », on pense aux dunes et aux falaises rouges du Sud. Le Gobi de l’Est, lui, c’est surtout le Dornogovi : 109 472 km² pour environ 70 000 habitants, soit moins d’un habitant au kilomètre carré. Un désert plat et caillouteux, sans lac ni rivière permanente, plus bas que le Gobi du Sud et son parc du Gurvansaikhan : 961 m à Sainshand, 1 470 m à Dalanzadgad.
Ni chaîne de montagnes, ni massif dunaire comparable aux dunes de Khongoryn Els, ni gorge glacée : pour les images classiques du désert de Gobi, allez au Sud. Ici, l’intérêt est ailleurs : le vide, des affleurements rocheux, un patrimoine bouddhique particulier.
Seul secteur du Gobi que traverse le Transmongolien. Sainshand, la capitale provinciale, est sur la ligne, à 472 km de rail d’Oulan-Bator (km 876). Une route goudronnée au début des années 2010 la double. Environ deux trains par jour, plus des express certains jours ; fréquence, horaires et durées bougent, vérifiez avant de réserver. Trajet de nuit : départ le soir, arrivée dans la nuit ou au petit matin. Voir aller à Sainshand et le train intérieur.
Sainshand (25 000 à 28 000 habitants selon les sources) sert de base. Son musée Danzanravjaa expose les affaires du cinquième Noyon Khutagt (1803-1856), moine nyingma, poète et homme de théâtre : 24 caisses cachées pendant les purges ont été ressorties en 1991, d’autres en 2009. À une cinquantaine de kilomètres au sud, Khamaryn Khiid est le monastère qu’il fonda en 1820, à 17 ans. Il compta jusqu’à 80 temples et 500 moines avant d’être brûlé en 1937 ; la reconstruction date de l’après-1990. Le site voisin dit Shambhala attire surtout des pèlerins mongols : un lieu de dévotion, pas un monument. Le reste est dans Sainshand en pratique.
Au nord de la province, à environ 300 km au sud-est d’Oulan-Bator, la réserve d’Ikh Nartiin Chuluu protège depuis 1996 quelque 66 000 hectares de chaos granitique. Elle couvre deux districts, Dalanjargalan et Airag ; Airag a sa gare sur la ligne, au km 751. Argalis, bouquetins de Sibérie et vautours moines s’y observent sans difficulté. Ajoutez l’arche de Senjit Khad. Les badlands fossilifères d’Ergilin Dzo, eux, sont à l’autre bout de la province (sum de Khatanbulag) : un autre voyage. Tout au sud, Zamyn-Uud, principal poste-frontière avec la Chine, est utile en transit, sans intérêt touristique.
Sainshand reçoit environ 111 mm de précipitations par an. Les records y vont de 41,8 °C en juillet à -37,2 °C en janvier, et la province connaît régulièrement des tempêtes de sable. Juin et septembre évitent la chaleur de juillet : détail dans le climat mois par mois. Trois à quatre jours couvrent Sainshand, Khamaryn Khiid et Ikh Nart — voir combien de jours prévoir. Le budget reste sous celui du Gobi du Sud puisque le train remplace le convoyage en 4x4. Ordres de grandeur à revérifier : un musée 2 000 tugriks, la voiture pour Khamaryn Khiid 40 000 tugriks. Prévoyez un véhicule : aucun site hors ville n’est desservi.
Ce Gobi-là a du sens pour qui a déjà vu la Mongolie classique, voyage sans agence, ou veut couper le train vers la Chine. La déconvenue classique : une plaine grise sous un ciel blanc, muette pour qui n’a rien lu sur Danzanravjaa.
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