Le Gobi de l’Est déçoit rarement ceux qui savent ce qu’ils viennent y chercher. Il déçoit beaucoup ceux qui se trompent de désert. Voici les regrets qui reviennent le plus souvent.
C’est l’erreur numéro un. Les grandes dunes chantantes de Khongoryn Els sont dans le Gobi du Sud, à plus de 600 km à l’ouest de Sainshand à vol d’oiseau ; celles de Moltsog Els sont elles aussi dans le Gobi du Sud. Le Dornogovi, lui, est plat, caillouteux et gris, sans massif dunaire comparable. Si vous voulez ces images-là, allez au Sud par la route ou en avion : Dalanzadgad n’a pas de gare, et le train ne remplace pas un circuit.
Le musée Danzanravjaa de Sainshand est petit et tenu par une équipe réduite. Comme la plupart des musées provinciaux, il peut fermer un jour par semaine, parfois entre midi et deux, et ses horaires ne sont publiés nulle part de façon fiable. Faites confirmer l’ouverture la veille par votre hôtel. Celui qui descend du train du matin, trouve porte close et repart le soir n’aura rien vu : les caisses enterrées pendant les purges et ressorties à partir de 1991 sont tout l’intérêt du lieu. Lisez au moins une page sur Danzanravjaa avant de venir, sinon la région reste muette.
Les records de Sainshand atteignent 41,8 °C en juillet, et les après-midi de juillet-août tournent couramment autour de 30 °C, sans une ombre. La province ne compte ni lac ni rivière permanente, et Sainshand reçoit environ 111 mm de pluie par an : emportez votre eau, on ne se ravitaille qu’en ville (eau et ravitaillement). Les nuits, elles, restent fraîches. Mai-juin et septembre sont les fenêtres les plus sûres ; le printemps ajoute les tempêtes de sable, détail dans le climat mois par mois.
Sainshand est à environ 470 km d’Oulan-Bator par le rail, soit une dizaine d’heures de train de nuit. Les guichets de la gare d’Oulan-Bator ne prennent pas toujours la carte : prévoyez des tugriks en espèces. L’achat en ligne existe, mais son fonctionnement pour une carte étrangère change souvent : vérifiez avant de partir. En juillet et en août, les couchettes partent plusieurs jours à l’avance. Se présenter la veille en pleine saison, c’est dix heures en place assise. Voir aller à Sainshand.
Il vous dépose à Sainshand, pas sur les sites. Khamaryn Khiid, fondé en 1820 et brûlé en 1937, est à une quarantaine de kilomètres au sud : une demi-journée suffit. La réserve d’Ikh Nart est bien plus loin, de l’ordre de 140 km à vol d’oiseau vers le nord-ouest et davantage par la piste : comptez la journée entière. Le véhicule se négocie depuis la ville et se prévoit au budget ; faites confirmer le prix avant de partir.
Le site dit Shambhala n’est pas un monument mais un lieu de dévotion fréquenté par des pèlerins mongols : on y observe, on n’y met pas en scène. Et beaucoup repartent sans avoir vu Ikh Nartiin Chuluu, 66 000 hectares de chaos granitique protégés depuis 1996, où l’on a de bonnes chances d’apercevoir argalis et bouquetins. C’est souvent le meilleur souvenir du secteur. Comptez trois à quatre jours en tout.
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