Le Gobi de l’Est n’est pas le Gobi des photos. Pas de dunes chantantes, pas de falaises rouges : une steppe rase, un monastère et des rochers. Deux jours suffisent pour l’essentiel. Quatre à cinq si vous y ajoutez une réserve de faune.
Sainshand, chef-lieu du Dornogovi, compte environ 25 000 habitants, à quelque 470 km d’Oulan-Bator par le rail, sur le Transmongolien. Le train de nuit met une dizaine d’heures : départ en soirée, arrivée au petit matin. Vous donnez la journée au monastère, vous reprenez le train le soir même. Deux nuits en couchette, une journée pleine sur place. Horaires et fréquences changent souvent : vérifiez au guichet et réservez le retour dès l’arrivée. Les options : aller à Sainshand.
Khamaryn Khiid est à une quarantaine de kilomètres au sud de la ville ; un taxi local fait l’aller-retour dans la journée. Danzanravjaa, cinquième Noyon Khutagt du Gobi, fonde le monastère en 1820, à dix-sept ans. Le monastère aurait compté plus de quatre-vingts temples et environ cinq cents moines avant d’être rasé en 1937. Tout ce que vous voyez a été rebâti après 1990 : c’est du neuf. On y vient pour le lieu et pour les pèlerins, pas pour l’architecture ancienne. Le site de Shambhala, tout près, se parcourt en une heure. Le musée Danzanravjaa, en ville, en demande autant : voir Sainshand en pratique.
La réserve d’Ikh Nart couvre environ 66 000 hectares, à cheval sur les soums d’Airag et de Dalanjargalan, à quelque 300 km au sud-est d’Oulan-Bator. On y trouve l’argali, le bouquetin de Sibérie, la gazelle à goitre, l’âne sauvage et cent vingt-cinq espèces d’oiseaux. Comptez deux nuits sur place : la faune ne se commande pas, une demi-journée ne donne souvent rien. Airag et Dalanjargalan sont des gares du Transmongolien, mais rien ne dessert la réserve : il faut un 4x4 avec chauffeur pour les derniers kilomètres et sur place. Cette étape fait passer le séjour de deux à cinq jours, et alourdit nettement le budget.
Juin et septembre sont les meilleurs mois, fin mai si vous acceptez le vent : les tempêtes de sable se concentrent de mars à mai. En juillet et août, c’est la chaleur qui pèse. L’hiver est très froid et la plupart des hébergements de plein air ferment : voir le climat mois par mois.
Le billet de train se compte en dizaines de milliers de tugriks, une dizaine d’euros au plus en voiture-dortoir. Une chambre d’hôtel à Sainshand reste bon marché. C’est le véhicule qui pèse : autour de 300 000 tugriks par jour pour un fourgon avec chauffeur, carburant en sus, et rationné dans tout le pays depuis la mi-septembre 2026 : quotas quotidiens, files d’attente. Comptez environ 155 € par jour en formule tout compris, à diviser entre passagers. Une nuit en camp de yourtes va de 30 à 80 dollars par personne. Prévoyez des espèces, la carte passe mal hors du chef-lieu. Ces montants bougent vite : faites-les confirmer.
Trois surtout. Croire trouver ici le Gobi des dunes, qui est à plusieurs centaines de kilomètres plus à l’ouest. Vouloir caser Ikh Nart dans le même week-end que Sainshand : la réserve est sur le même axe, mais demande deux nuits et un véhicule réservé. Et repartir déçu d’un monastère neuf, faute de savoir ce qu’on allait voir.
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