À l’est d’Oulan-Bator commence une prairie presque continue jusqu’à la frontière chinoise. C’est l’un des derniers grands ensembles de steppe tempérée que la mise en culture a largement épargné. Peu de voyageurs y vont, et ce n’est pas un hasard.
L’est du pays appartient à la steppe mongolo-mandchoue, une écorégion de 887 000 km² qui dessine un croissant autour du Gobi. Sa partie mongole a été très peu mise en culture. Résultat : un tapis d’herbe sans clôture, sans champ, sans ligne d’arbres. Environ 5 % de l’écorégion, Chine et Russie comprises, sont protégés et l’état de conservation est jugé critique.
La seule province du Dornod couvre 123 597 km² pour environ 76 500 habitants en 2017 : moins d’un habitant au kilomètre carré. Le point le plus bas du pays, le lac Khokh Nuur (560 m), s’y trouve ; le Kherlen, long de 1 254 km, la traverse.
Sur de longues distances, il n’y a ni sommet, ni canyon, ni dune. Ce paysage ne se visite pas, il se traverse. Ce qui frappe, c’est l’échelle et le silence, coupés par le vent et, en juillet, par des orages qui montent en une demi-heure. Beaucoup de voyageurs trouvent cela monotone dès le deuxième jour. Au sud, le volcan éteint de Shiliin Bogd (1 778 m) et son cratère de 2 km de large offrent le relief le plus marquant du secteur.
La gazelle de Mongolie compte environ 1,5 million d’individus et 91 % de son aire de répartition se situe en Mongolie. Les groupes vont de 20 à 100 bêtes, les hardes de 5 000 n’étant pas rares ; un rassemblement de 250 000 animaux a été observé en 2007. Lisez les gazelles du Dornod et leur migration : sans guide local, vous passerez à côté.
La réserve de biosphère Dornod Mongol a été désignée en 2005 sur environ 2,4 millions d’hectares. Le Mongol Daguur (580 080 ha) relève des Paysages de Dauria, inscrits à l’UNESCO en 2017 avec la Russie. Le lac Buir, partagé avec la Chine, est site Ramsar depuis mars 2004 et reste l’un des meilleurs postes d’observation des oiseaux de l’est.
La route goudronnée part d’Oulan-Bator, passe par Chinggis City, l’ancienne Öndörkhaan (290 km), et rejoint Choibalsan. Comptez une longue journée de route. L’aéroport de Choibalsan est relié à Oulan-Bator. Les liaisons vers la Chine (Hailar, Manzhouli) ne sont pas garanties : vérifiez avant de caler un itinéraire. Voir aller à Choibalsan.
Dix jours sont un minimum, quinze si vous ajoutez le Khentii. Détail dans combien de jours prévoir. Le champ de bataille de Khalkhin Gol, où l’URSS et la Mongolie ont affronté le Japon du 11 mai au 16 septembre 1939, exige un permis de zone frontière, comme les abords du lac Buir.
De juin à début septembre. Choibalsan ne reçoit que 235 mm de précipitations par an ; il y a été relevé -41,1 °C en 1959 et 41,9 °C en 2016. Rien n’arrête le vent. Un 4x4 avec chauffeur est indispensable ; comptez de 150 à 250 dollars US par jour, ordre de grandeur à confirmer en réservant. Les camps de yourtes sont rares, prévoyez de camper.
Les déconvenues classiques : venir sans permis, sous-estimer les distances, attendre des infrastructures, chercher du spectaculaire là où l’intérêt est la faune et l’histoire. La liste complète : erreurs fréquentes en Mongolie orientale.
À suivre : l’est de la Mongolie · flore et steppe · camping et bivouac · plan du site.
Introduction à la langue mongole — la seule méthode de mongol écrite pour les francophones : 17 leçons, 348 pages en PDF, 2 h d’audio MP3 et un dictionnaire français-mongol. Téléchargement immédiat.
Télécharger la méthode →Paiement sécurisé · lien de téléchargement par courriel · sans abonnement