À l’extrême est du pays, une rivière a donné son nom à une bataille qui a pesé sur la Seconde Guerre mondiale. Presque personne ne la connaît, et presque personne n’y va : c’est le site le plus difficile d’accès de la Mongolie orientale.
Du 11 mai au 16 septembre 1939, l’Armée rouge et l’armée mongole ont affronté l’armée japonaise du Kwantung, venue du Mandchoukouo, sur quelques dizaines de kilomètres de steppe. Joukov prend le commandement le 12 juin. Son offensive générale part le 20 août à 5 h 45. Le cessez-le-feu est conclu le 15 septembre et prend effet le lendemain.
Côté soviétique, environ 9 700 tués et disparus et plus de 15 000 blessés ; côté mongol, de 556 à 990 pertes selon les sources. Le chiffre japonais officiel, 8 440 tués et disparus, est contesté : plusieurs historiens le jugent très sous-évalué.
Joukov a ravitaillé son armée à 748 km de sa base arrière, avec 2 600 camions. Battu, l’état-major japonais abandonne l’expansion vers le nord et se tourne vers le Pacifique. Le pacte de neutralité soviéto-japonais du 13 avril 1941 doit beaucoup à cette défaite ; il permettra à Staline de dégarnir l’Extrême-Orient. Le pacte germano-soviétique est daté du 23 août 1939, trois jours après le début de l’offensive. Voir le Japon, l’URSS et la Mongolie.
Dans le soum de Khalkhgol, province du Dornod, contre la frontière chinoise. C’est le plus vaste soum du pays : environ 28 000 km² pour moins de 3 500 habitants, dont 1 750 environ au centre, Tsagaanbulag. Né en 1994 de la fusion de Khalkhgol et de Sumber, il porte encore ce second nom sur bien des cartes. La rivière, longue d’environ 230 km, descend du Grand Khingan et coule vers le lac Buir.
D’abord rejoindre Choibalsan, par la route goudronnée depuis Oulan-Bator ou en avion : quelques vols par semaine, saisonniers et parfois suspendus, à vérifier avant de réserver. Ensuite, plusieurs centaines de kilomètres de piste vers l’est : une journée pleine, sans station-service fiable. Il faut un 4x4 avec chauffeur.
Surtout : la zone est frontière. Le permis de zone frontière est obligatoire, se demande par une agence licenciée et prend plusieurs semaines, à confirmer par écrit. Il nomme des personnes, des dates et un trajet : on n’improvise rien sur place.
De l’herbe. Des monuments dispersés dans la steppe, et un petit musée de la victoire dans le soum dont les horaires ne se garantissent pas, comme dans bien des musées de province. Sans un guide qui connaît le terrain, la visite tombe à plat. Le musée Joukov de Choibalsan se voit bien plus facilement, et le mémorial de Zaisan en parle depuis Oulan-Bator. Ne creusez pas et ne ramassez rien : les vestiges militaires ne s’emportent pas.
De juin à début septembre. Après une forte pluie, la piste change de nature : voir l’état des routes. Comptez cinq à sept jours depuis Oulan-Bator, et le prix du véhicule sur toute la durée, retour à vide compris : autour de 150 € par jour et par véhicule tout compris en 2026, soit près d’un millier d’euros à diviser entre passagers. Exigez un devis ferme. C’est l’un des trajets les plus chers du pays. Amortissez-le avec le lac Buir et les gazelles du Dornod. Hors commémorations, vous serez probablement seul.
À lire ensuite : combien de jours dans l’est, les erreurs fréquentes en Mongolie orientale, le coût d’un voyage, le plan du site.
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