Le Buir Nuur est le plus grand plan d’eau de la Mongolie orientale : 610 km², une quarantaine de kilomètres sur une vingtaine, à 583 m d’altitude. Il est peu profond : 11 m au point le plus creux, 6,5 à 8 m en moyenne. Au nord-ouest, une quarantaine de km² sont chinois. Presque aucun voyageur ne va jusque-là.
Le lac reçoit la Khalkh gol, la rivière du champ de bataille de 1939, et se vide vers le nord par l’Orshuun gol, qui rejoint le lac Hulun côté chinois. Le plan d’eau et ses marais sont classés site Ramsar depuis le 22 mars 2004. Des gardes-frontière mongols patrouillent en canot à moteur : la ligne de frontière passe sur l’eau, elle n’est pas décorative. Le site de Khalkhin Gol et son musée de la Victoire sont dans le même soum.
La base est Choibalsan, à quelque 650 km de route d’Oulan-Bator : voir aller à Choibalsan. De là, le lac est à 240 km à vol d’oiseau plein est, davantage par la piste. Comptez une journée pleine de route, davantage s’il pleut. Le centre du soum de Khalkhgol, Tsagaanbulag, est à une soixantaine de kilomètres à l’est de la rive. Ce soum est le plus vaste de Mongolie, 28 093 km² pour environ 3 200 habitants : il n’y a rien entre les points d’eau. Un 4x4 avec chauffeur n’est pas une option de confort, c’est la condition d’accès.
Le lac est en zone frontière. Le permis se demande avant le départ, par une agence mongole licenciée, et le traitement prend plusieurs semaines. Il nomme des personnes, des dates et un trajet. Sans ce papier, vous serez refoulé après une journée de piste, et personne ne vous remboursera.
Le lac est pris par la glace de novembre à mai. La fenêtre utile va donc de juin à septembre. Les eaux appartiennent au bassin de l’Amour : carpe, brochet, lotte. La pêche se pratique, mais faites établir l’autorisation sur place par votre accompagnateur et restez loin de la ligne de frontière. Côté oiseaux, le Buir est un site de mue important pour l’oie cygnoïde, espèce menacée. Une longue-vue est indispensable : les rives sont plates et les oiseaux restent loin. Sur la route, la steppe du Dornod porte les gazelles de Mongolie.
C’est rudimentaire. Ne comptez pas sur un camp de yourtes du niveau de ceux du Gobi. Prévoyez le bivouac, avec eau, vivres et carburant embarqués depuis Choibalsan, ou une chambre simple au centre du soum. Distributeur et paiement par carte : n’y comptez pas, partez avec des espèces.
Pas pour le paysage. Le Buir est une grande nappe plate dans une steppe rase ; le Khovsgol est plus beau et dix fois plus simple à atteindre. On vient ici pour trois choses : les oiseaux d’eau, la pêche, et 1939. Le soum est le plus oriental du pays, ce qui compte pour certains. Deux nuits sur place suffisent : les oiseaux, puis 1939. Intégrez-le à une boucle orientale d’au moins dix jours : voir combien de jours prévoir et les erreurs fréquentes. Le budget est dominé par la route, de l’ordre de 100 à 150 USD par jour de véhicule, carburant en sus ; ces tarifs bougent, faites-les confirmer par écrit.
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