La Mongolie a du granit partout et une treizaine de massifs encore englacés, selon les décomptes. Elle n’a presque aucune falaise équipée, pas de topo publié, pas de refuge et aucun secours en montagne. On vient autonome, ou on ne vient pas.
Le plus proche d’Oulan-Bator est le parc de Gorkhi-Terelj. Мэлхий хад (Melkhii khad, le rocher de la Tortue), 24 m de haut, se dresse à environ 65 km de la capitale, une heure et demie de route : du bloc et des dômes courts, sans équipement en place. Plus au sud, le Dundgovi aligne le même granit sur des kilomètres : Baga Gazriin Chuluu, cinq à six heures d’Oulan-Bator, et Их газрын чулуу (Ikh Gazriin Chuluu, les pierres de la grande terre), vingt kilomètres de rochers culminant à 1 706 m. Une journée sur place suffit. Aucun n’est un site sportif : pas de spit fiable, pas de secteur nommé, rien à louer. Et beaucoup de blocs sont des lieux de culte, coiffés d’un ovoo : on ne grimpe pas dessus.
Tout se joue dans l’Altaï. Le Khüiten, 4 374 m, est le point culminant : glacier crevassé, cordée obligatoire. Comptez dix jours depuis Oulan-Bator : vol jusqu’à Ölgii, longue piste en 4x4, puis marche d’approche jusqu’au camp de base. Le Malchin voisin, 4 050 m, se gravit sans technique glaciaire et sert d’acclimatation, au-dessus du glacier Potanine, dans le parc Altai Tavan Bogd. Viennent ensuite le Mönkhkhairkhan, deuxième sommet du pays, le Sutai, entre Govi-Altai et Khovd, et le Tsast Uul du Tsambagarav, entre Khovd et Bayan-Ölgii : tous trois autour de 4 200 m, avec des altitudes qui varient selon les sources. Ces trois-là ne voient presque personne.
Отгонтэнгэр (Otgontenger, le ciel cadet), environ 4 010 m, plus haut sommet du Khangai, est une montagne sacrée d’État : son ascension est interdite. Le 21 octobre 2017, une avalanche y a tué dix-sept membres d’une expédition. Aucun opérateur sérieux ne vous y emmènera.
Corde, crampons, piolet, baudrier, casque, chaussures de haute montagne, duvet tenant à –15 °C : apportez tout, chaussons et magnésie compris. Ölgii ne vend rien. Oulan-Bator dépanne pour le petit matériel (où s’équiper) et les agences louent l’équipement technique, de l’ordre de 150 USD par personne, à reconfirmer.
Il n’y a ni équipe de secours en montagne ni hélicoptère en alerte. Le 105 est le numéro des secours d’urgence (numéros utiles), encore faut-il capter : au camp de base, rien. Balise ou téléphone satellite, donc. Rejoindre un hôpital correct depuis l’Altaï prend au moins une journée. Vérifiez que votre assurance couvre nommément l’alpinisme, l’hélicoptère et le rapatriement : beaucoup de contrats excluent l’un des trois. Voyez aussi le mal d’altitude.
Dans l’Altaï, deux autorisations : le permis de zone frontalière, demandé par une agence licenciée 30 à 60 jours avant, car un étranger ne l’obtient pas seul, et le droit d’entrée du parc, payé en espèces à la barrière. Fenêtre utile : fin juin à fin août. Ordre de grandeur à reconfirmer, dix jours chez un opérateur local : 2 800 à 3 300 USD. Triez les agences sur deux questions : combien de jours tampons pour la météo, et quelle qualification a le guide ? Une réponse floue veut dire du trek déguisé en alpinisme.
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