Le désert de Gobi se voyage bien en famille, à condition d’accepter une chose : ce ne sont pas les sites qui fatiguent les enfants, ce sont les trajets entre les sites. Le décor, lui, plaît presque toujours.
Trois choses fonctionnent. Les dunes de Khongoryn Els d’abord : 80 mètres de haut, jusqu’à 300 mètres au point culminant, sur 100 à 180 kilomètres selon les sources. Un enfant y passe deux heures à monter et redescendre en courant sans se lasser. Les chameaux de Bactriane ensuite, hauts et lents, que les chameliers font monter pour des balades de 30 minutes à deux heures ; une demi-heure suffit la première fois. Les fossiles enfin, aux falaises rouges de Bayanzag. Dites-le avant d’arriver : on ne ramasse rien. Les fossiles de vertébrés sont propriété de l’État mongol et leur sortie du pays est un délit.
La piste, d’abord. Entre Bayanzag et les dunes, il faut 150 à 180 kilomètres, soit trois à cinq heures de secousses selon l’état des pistes. La chaleur ensuite : en juillet, 28 à 32 °C l’après-midi, et 17 °C environ la nuit. La poussière enfin, qui entre dans les sacs, les cheveux et les gorges. Les tempêtes de sable du printemps sont une raison sérieuse de décaler le départ.
Une seule décision change tout : prendre l’avion jusqu’à Dalanzadgad. Environ une heure de vol, contre 540 à 585 kilomètres selon les sources et sept à dix heures par la route. Celle-ci est goudronnée depuis 2014 et se fait en une journée : ce sont les circuits touristiques qui la coupent en deux. Comptez de l’ordre de 90 à 100 dollars l’aller par personne, à vérifier en réservant : les fréquences varient selon la saison. La franchise bagage des vols intérieurs tourne autour de 15 kg par personne.
Depuis Dalanzadgad, un circuit de 5 jours suffit. Mieux vaut deux nuits au même camp près des dunes qu’un itinéraire qui replie les bagages chaque matin. Visez trois heures de voiture par jour au maximum, le matin, et laissez l’après-midi libre. Yolyn Am, la gorge située à 46 kilomètres à l’ouest de Dalanzadgad, est l’étape la plus facile : deux kilomètres à l’aller, quatre aller-retour, faciles puis caillouteux sur la fin, de la glace encore visible certaines années jusqu’en juillet, et des parois assez resserrées pour que ça ressemble à une exploration.
Les camps de yourtes du Gobi accueillent les familles sans problème, mais une yourte d’hôte compte deux à quatre lits : à cinq, prévoyez-en deux, donc deux nuitées facturées. Côté budget, tout dépend de la catégorie : environ 300 000 tugriks la yourte sans repas dans un camp simple, mais 40 à 70 dollars par personne et par nuit en pension complète dans un camp standard. Eau chaude et électricité ne fonctionnent souvent que le soir. Septembre est le meilleur compromis avec des enfants : chaleur supportable, moins de monde. Vérifiez le climat mois par mois avant de fixer les dates.
Trois déconvenues reviennent. Vouloir boucler le Gobi depuis Oulan-Bator par la route en une semaine : les enfants passent alors plus de temps assis que dehors. Sous-estimer le froid de la nuit et n’emporter que des vêtements d’été. Et promettre un dinosaure : à Bayanzag, on voit des éclats d’os et des fragments de coquilles, pas un squelette. Les squelettes complets sont au musée, à Oulan-Bator.
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