Froid extrême en Mongolie : comment s’y préparer

Le froid mongol ne se règle pas avec un gros manteau, mais avec un système : rester sec, couper le vent, protéger les extrémités. Matériel et organisation, sans le folklore.

Ce que -30 °C veut dire en pratique

À Oulan-Bator, janvier tourne autour de -21 °C de moyenne, avec des minimales moyennes de -25,6 °C ; décembre est à -19 °C, février à -16 °C. Le relevé le plus bas de la capitale approche -44 °C, en janvier 1957. Plus à l’ouest, Tosontsengel, dans le Zavkhan, a relevé -52,9 °C. Détail mois par mois sur la page climat.

Le froid est sec, donc plus supportable qu’un -10 °C humide et venteux, et il neige peu. Le vrai adversaire est le vent : par -30 °C, un vent de 30 km/h équivaut à un refroidissement éolien de -46 °C, et sur la steppe rien ne l’arrête. La lumière, elle, joue en votre faveur : plus de huit heures de jour au solstice, et 137 heures de soleil en décembre.

Les trois couches, version hiver

Même principe qu’en été, chaque couche montée d’un cran.

  • Contre la peau, laine mérinos ou synthétique. Jamais de coton : il retient la transpiration et vous refroidit dès l’arrêt.
  • Au milieu, l’isolant : polaire épaisse ou doudoune. Le duvet est plus chaud à poids égal, le synthétique supporte mieux l’humidité.
  • Au-dessus, une coque coupe-vent à capuche. Une doudoune seule ne tient pas sur la steppe.

Règle contre-intuitive : ne marchez pas avec tout sur le dos. Transpirer coûte cher, car l’humidité gèle ensuite. Ouvrez, retirez une couche, remettez-la dès l’arrêt. Le reste de la liste est dans quoi emporter.

Les extrémités décident du voyage

C’est là que les voyageurs échouent, presque jamais sur le torse. Les pieds d’abord : des chaussures de randonnée ne tiennent pas à -25 °C. Il faut des bottes isolées à semelle épaisse, et une pointure au-dessus, car une botte serrée coupe la circulation. Les Mongols portent des эсгий гутал (esgii gutal), des bottes de feutre, très efficaces au sec.

Les mains : des moufles, pas des gants, plus un sous-gant fin pour manipuler un appareil sans tout retirer. La tête : bonnet couvrant les oreilles, tour de cou ou cagoule sur le nez. Et la buée gèle sur les verres de lunettes.

L’électronique par grand froid

Une batterie lithium-ion faiblit dès qu’il gèle : le téléphone affiche 40 % puis s’éteint d’un coup. Gardez téléphone, batteries et batterie externe en poche intérieure, contre le corps, et ne sortez l’appareil qu’au moment de la photo.

Point de sécurité : ne rechargez jamais une batterie encore glacée. Sous 0 °C, la charge dépose du lithium métallique sur l’électrode négative et abîme la cellule. La condensation ensuite : un appareil froid rentré dans une yourte chauffée se couvre d’eau. Glissez-le dans un sac plastique fermé avant d’entrer, ouvrez une heure plus tard.

Les erreurs d’équipement

Par ordre de fréquence : compter sur ses chaussures de randonnée, emporter du coton, choisir des gants fins par commodité, et s’habiller pour la marche alors qu’on passe des heures immobile, dehors ou dans un 4x4 à l’arrêt.

On complète pourtant bien sur place. Dans les boutiques de matériel d’Oulan-Bator, les marques occidentales valent au moins le prix français ; le marché Narantuul vend bottes de feutre et дээл (deel) doublés, le manteau traditionnel, pour bien moins : voir nos exemples de prix. Achetez en arrivant, pas la veille du départ. Ajoutez un masque FFP2 : de décembre à février, l’air d’Oulan-Bator est un sujet à part entière.

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Quelques mots de mongol changent tout le voyage

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