Le Khovsgol en hiver

Le lac Khovsgol gèle en entier. Un long hiver de glace, presque aucun étranger hors de la semaine du festival. Ce n’est pas une version bon marché de l’été : c’est un autre voyage.

Le froid, chiffres à l’appui

À Khatgal, 1 666 m d’altitude, janvier tourne autour de -15,8 °C le jour et -29,4 °C la nuit ; février -10,3 et -27,1 ; mars repasse au-dessus de -2 le jour mais garde -19 la nuit. Record local : près de -49 °C. Le froid est sec, 314 mm de précipitations par an : tenable en marchant, redoutable à l’arrêt. Les journées sont courtes : prévoyez deux sorties, pas trois.

La glace : ce qu’elle porte, ce qu’elle interdit

Le lac prend en plein hiver et reste pris plusieurs mois ; la débâcle est tardive et sa date varie d’une année à l’autre. En fin d’hiver la glace dépasse le mètre et porte des camions : elle a longtemps servi de raccourci vers le nord du lac. Rouler dessus est désormais interdit, pour protéger une eau qui représente près de 70 % des réserves d’eau douce du pays, et parce que trente à quarante véhicules y sont passés au travers. Refusez la traversée si un chauffeur la propose. À pied, la surface balayée par le vent est une patinoire : des crampons à chaussures évitent la chute, déconvenue la plus banale du séjour.

Y aller, et pour combien de temps

Le vol jusqu’à Moron dure environ 1 h 10. Comptez 200 à 300 dollars l’aller-retour, tarif à revérifier au moment de réserver. Hors saison les fréquences baissent et la semaine du festival sature. Sinon la route, environ 690 km, dix à douze heures par beau temps, davantage sur neige. Reste une centaine de kilomètres goudronnés jusqu’à Khatgal, environ deux heures. Comptez deux journées de transport, et quatre à cinq nuits sur place pour que le déplacement ait un sens.

Ce qui reste ouvert

Presque tous les camps de yourtes des rives ferment d’octobre à mai : Jankhai, Toilogt et le nord sont hors jeu. Restent quelques pensions de Khatgal et de rares camps chauffés, avec toilettes sèches et bassine d’eau chaude plutôt que douche. Bateaux et kayaks attendent juin. Le droit d’entrée du parc se paie quand même, en espèces, de l’ordre de 20 000 tugriks par étranger (montant relevé début 2025, réévalué régulièrement : vérifiez avant de partir). La banque de Khatgal n’ouvre qu’en semaine et les distributeurs refusent souvent les cartes étrangères : arrivez avec les espèces du séjour.

Le matériel indispensable

Un manteau de ville ne suffit pas : on reste immobile dehors des heures. Bottes doublées d’une pointure de plus, trois couches dont une doudoune, bonnet couvrant les oreilles, surmoufles par-dessus des gants fins, crampons. Le froid vide les batteries : gardez téléphone et piles contre le corps. Rien de tout cela ne s’achète sur place : voyez les magasins d’Oulan-Bator et la liste de quoi emporter.

Ce qu’on vient chercher

Le festival de la glace de Khatgal se tient fin février ou début mars ; les dates sortent tard, ne payez rien de non remboursable avant confirmation. Le reste tient à la glace elle-même et à la vie d’hiver : pêche sous la glace avec les habitants, traîneaux, intérieurs de yourte. Ce qui déçoit : les sorties à cheval sont bien plus courtes qu’en été, quand un hôte en propose, et rejoindre les éleveurs de rennes tsaatan reste une expédition. Avant de fixer vos dates, lisez la Mongolie en hiver.

À lire ensuite : les erreurs fréquentes au Khovsgol · le budget sur place · les zones à voir

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