La pollution de l’air à Oulan-Bator

Oulan-Bator est la capitale la plus froide du monde et, plusieurs semaines par hiver, l’une des plus polluées. Le 8 février 2026 au matin, elle arrivait en tête du classement mondial des grandes villes, avec un indice AQI américain de 204, catégorie très mauvais. Le chiffre varie d’heure en heure. En juillet, l’air y est correct : tout se joue sur la saison.

Pourquoi l’air se bloque d’octobre à mars

La ville occupe une cuvette à 1 350 m d’altitude le long de la Tuul, fermée par des montagnes. En janvier, la moyenne va de -21 à -23 °C selon la station, les nuits vers -26 °C. L’air froid stagne au fond de la vallée sous une couche d’air plus doux : la fumée ne monte plus. La saison de chauffe officielle court du 15 septembre au 15 mai, mais le problème se concentre sur décembre, janvier et février. La dégradation commence fin octobre, l’amélioration est nette en avril. Voir le climat et la meilleure période pour partir.

D’où vient la fumée

L’essentiel ne vient pas des voitures, mais du chauffage individuel. Plus de 200 000 foyers brûlent un combustible solide, surtout dans les quartiers de yourtes qui ceinturent la ville, hors réseau de chaleur. En périphérie, les poêles domestiques pèsent environ 80 % de la pollution hivernale ; s’y ajoutent les centrales thermiques et le trafic. La vente de charbon brut est interdite depuis mai 2019, au profit de briquettes dites améliorées : les pics de PM2,5 ont reculé de près de moitié l’hiver suivant, et la baisse s’est poursuivie depuis.

Les niveaux mesurés

Sur les mesures quotidiennes de janvier 2022 à mai 2024, Oulan-Bator affiche une moyenne de 37 µg/m³ de PM2,5 toutes saisons confondues, contre 5 µg/m³ recommandés par l’OMS en moyenne annuelle, avec des journées de pointe jusqu’à 203. Cette moyenne ne dit rien de janvier : l’écart hiver-été reste très marqué. La tendance de fond s’améliore : la Mongolie est passée de 46,6 µg/m³ en 2020 à 22,5 en 2023, du 4e au 39e rang mondial. Mais aucun hiver récent n’a échappé au pic.

Qui doit s’en préoccuper

Un adulte en bonne santé qui passe deux ou trois jours en ville avant de filer dans la steppe risque peu. Les séjours longs, les asthmatiques et les jeunes enfants sont une autre affaire : un voyage en famille en plein hiver gagne à être raccourci ou décalé. En cas de doute, voyez votre médecin avant le départ. Voir aussi la santé en voyage et les pharmacies de la ville.

Se protéger, concrètement

Vérifiez l’indice avant de sortir : le réseau public agaar.gov.mn le diffuse en temps réel, comme les applications utiles. En dessous de 100, une journée normale ne pose pas de problème ; au-delà de 150, limitez l’effort dehors et sortez masqué. Un masque FFP2 ou N95 filtre les particules fines ; un masque en tissu ne sert à rien. Le choix local est inégal : emportez le vôtre. Logez au centre et demandez un purificateur : quelques hôtels en fournissent. Remplacez les longues marches par les musées, et évitez l’effort dehors en soirée, quand les poêles tournent à plein.

Faut-il éviter l’hiver mongol

Non : il suffit de sortir de la cuvette, où l’air redevient limpide en une heure de route. Gorkhi-Terelj, le Khövsgöl gelé ou le Gobi n’ont aucun problème de pollution. L’erreur classique consiste à s’immobiliser cinq jours dans la capitale en janvier, en attendant un vol ou le Tsagaan Sar. Deux jours suffisent.

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