Vue de la colline Zaisan, Oulan-Bator se lit en deux couches : un noyau d’immeubles, puis une marée de palissades en bois sur les pentes. Cette seconde couche, ce sont les quartiers de gers. Ils abritent une grande partie des habitants d’une ville de près de 1,8 million de personnes, soit environ la moitié du pays.
Le principe : une parcelle clôturée, le khashaa, où la famille installe sa ger, une maison en dur, ou les deux. Les estimations vont de 45 à 60 % des habitants de la capitale : le chiffre de 62 % souvent repris remonte à un relevé de 2008-2009. Selon ces mêmes relevés anciens, moins de la moitié des résidents vivent sous une tente de feutre ; les autres occupent des maisons de briques ou de planches. Pour les situer, voyez l’orientation par quartiers.
Les plus anciens, autour du monastère de Gandan, ont plus d’un siècle. L’essentiel date pourtant de l’après-1990. La ville est passée de 535 000 habitants en 1990 à un million en 2007. Deux moteurs : la fin de l’économie planifiée et les dzud, ces hivers qui tuent les troupeaux. Ceux de 1999-2002, de 2009-2010, puis celui de 2023-2024 — 7,1 millions de bêtes mortes début juin 2024, plus de 10 % du cheptel — ont ruiné des éleveurs montés en ville. La loi foncière de 2002 a fait le reste : chaque citoyen peut obtenir une fois 700 m² à Oulan-Bator. D’où cet étalement, détaillé dans notre histoire urbaine.
La plupart de ces quartiers ne sont pas raccordés au réseau. On achète l’eau au litre à des bornes-fontaines, on la rapporte en bidon ; latrine sèche et bain public. Le chauffage se fait au poêle. Le détail est dans notre page électricité, eau et hygiène.
Depuis le 15 mai 2019, le charbon brut est interdit aux particuliers à Oulan-Bator, remplacé par des briquettes. Les PM2,5 ont reculé l’hiver suivant, jusqu’à 55 % selon les mesures publiées. Le problème n’a pas disparu : la moyenne annuelle du pays reste plusieurs fois la valeur guide de l’OMS, et les pics d’octobre à mars replacent la ville parmi les plus polluées du monde. Entre novembre et février, lisez d’abord la pollution de l’air et l’hiver à Oulan-Bator.
Se promener seul, appareil au poing, dans une cour privée n’est pas une visite mais une intrusion ; des chiens gardent beaucoup de parcelles. La formule qui marche : la visite organisée avec les habitants. L’association GerHub en propose à Songinokhairkhan, à l’ouest de la ville, transport depuis le centre en supplément. Environ 25 $ par personne la marche de deux heures, à partir de six participants ; 65 $ sans repas, 80 $ avec, la formule de quatre heures chez une famille. Seul ou à deux, écrivez pour rejoindre le départ groupé du troisième dimanche du mois, en été. Tarifs et départs à vérifier. Des agences d’Oulan-Bator montent des visites comparables. Revoyez les règles de politesse et nos conseils pour photographier : on demande, toujours.
Rien à voir au sens touristique : pas de monument, pas de marché pittoresque, des rues de terre souvent sans nom. Qui espère un folklore nomade fera mieux d’aller dormir chez l’habitant en pleine steppe. Pour comprendre la Mongolie d’aujourd’hui, en revanche, c’est plus parlant que bien des musées. Évitez la nuit, prévoyez des chaussures fermées après la pluie, et consultez la sécurité par quartier et les erreurs fréquentes à Oulan-Bator.
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