Eau potable au lac Khovsgol : traiter avant de boire

On vous dira que l’eau du lac Khovsgol se boit telle quelle. Au large, c’est vrai. Sur la rive où vous puisez, beaucoup moins. Voici ce qui change.

Une pureté réelle, mais pas partout

Le lac est ultra-oligotrophe : très peu de nutriments, et une transparence qui dépasse souvent 18 m au disque de Secchi. Il concentre près de 70 % de l’eau douce de Mongolie. C’est la principale réserve d’eau potable du pays, et son eau est couramment décrite comme buvable sans traitement. Le problème n’est pas le lac, c’est le bord. Une trentaine de kilomètres de rive ouest concentrent les camps, les troupeaux et presque tous les visiteurs de juillet et août. Des microplastiques y ont déjà été mesurés. Limpide ne veut pas dire sûre.

Traiter l’eau : ce qui marche

Trois méthodes, selon le poids que vous acceptez de porter.

  • Ébullition. Une minute à gros bouillons suffit : le plan d’eau est à 1 645 m, sous le seuil de 2 000 m à partir duquel on compte trois minutes.
  • Filtre à pompe ou à gravité. Les modèles certifiés NSF 53 ou 58 retiennent les parasites, mais ni les virus ni toutes les bactéries : près des troupeaux, complétez par des pastilles ou par l’ébullition.
  • Pastilles. Le dioxyde de chlore agit aussi sur le cryptosporidium si l’on respecte le temps de contact indiqué sur la notice — long en eau froide, et l’eau plafonne à 10-14 °C (température du lac).

Puisez loin des camps et des troupeaux, jamais à l’embouchure d’un ruisseau ni au pied d’un ponton. Le matériel s’achète à Oulan-Bator : voyez quoi emporter et électricité, eau et hygiène.

Se ravitailler sans filtrer

À Khatgal, les échoppes vendent de l’eau en bouteille, un peu plus cher qu’à la capitale : tout monte par la centaine de kilomètres de route depuis Moron. Les camps de yourtes servent de l’eau bouillie à volonté, sous forme de thé ; demandez à remplir votre gourde plutôt que d’acheter du plastique. Un filtre, de l’ordre de 30 à 100 € selon le modèle, est amorti en quelques jours et évite une dizaine de bouteilles que personne ne recyclera ici. Le reste se chiffre dans le budget du Khovsgol.

Ne pas polluer ce que vous buvez

  • Ni savon, ni shampooing, ni vaisselle dans le lac ou ses affluents, même biodégradables. Bassine, à l’écart de la rive.
  • Toilettes : au moins soixante-dix pas, une soixantaine de mètres, de tout point d’eau, et creusez (bivouac en Mongolie).
  • Tout ce que vous montez redescend avec vous. Rien n’est ramassé sur les rives du parc national, créé en 1992.
  • Aucun véhicule sur la glace en hiver : c’est interdit, et trente à quarante engins ont déjà coulé au fil des ans.

Les déconvenues classiques

La première est de boire au bord parce que « l’eau est pure ». La deuxième est de compter sur un achat de filtre à Khatgal : le choix y est nul, prenez-le avant, au rayon trek de la capitale (matériel de trek). La troisième est de partir en randonnée à cheval avec une seule gourde : comptez environ deux litres par personne et par demi-journée, plus de quoi traiter en route. En cas de souci digestif, l’hôpital le plus proche est à Moron (voir santé).

À suivre : erreurs fréquentes au Khovsgol · manger au Khovsgol · géographie du lac · eau et ravitaillement dans le Gobi.

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