Au bord du lac Khovsgol, on ne choisit pas son repas. Les camps servent ce qu’ils ont, Khatgal aligne quelques cantines, et au nord du village il n’y a plus un commerce avant Khankh. Ce qui manque s’achète à Moron, avant de monter.
Presque tous les camps de yourtes vendent la nuit repas compris. Ordre de grandeur pour le standard mongol : 40 à 70 dollars par personne et par nuit, davantage dans les camps à salle d’eau privée ; le détail des formules est dans où dormir à Khatgal. Trois services à heure fixe, pas de carte, rien hors horaires. Au menu : soupe de mouton aux pâtes, tsuivan, buuz, pommes de terre, parfois du poisson. C’est mangeable et très répétitif — voyez les plats mongols. Un régime particulier se signale par écrit à la réservation, puis se rappelle à l’arrivée : la cuisinière n’improvise rien, et le premier magasin est à Khatgal, de moins d’une heure à deux heures de route selon le camp et l’état du sol.
Le lac est parc national depuis 1992. La pêche y suppose un permis, ferme au printemps pendant la fraie et se pratique en remise à l’eau : le détail est dans la pêche au Khovsgol. À table, cela compte. La pêche au filet reste mal contrôlée sur les rives, et l’ombre du Khovsgol, endémique du lac, est braconné pendant ses montées de fraie : ne le commandez pas. Lenok, perche et lotte posent moins de problème. Demandez l’espèce avant d’accepter, personne ne s’en offusquera.
On est en montagne, chez les éleveurs de yaks, et cela se goûte. L’urum, crème épaisse levée sur le lait bouilli, se mange au petit déjeuner et se vend au bord de la piste : c’est ce qu’il y a de meilleur ici. Suivent le byaslag, fromage frais pressé, et l’aaruul, caillé séché dur comme du bois, qui ne plaît pas à tout le monde. Le thé au lait salé arrive dès qu’on entre sous une yourte. L’airag se boit surtout en été : ici le troupeau est d’abord un troupeau de yaks. Demandez toujours que le lait soit bouilli.
Le village a quelques cafés et guanz, carte courte : buuz, khuushuur, tsuivan, soupe. Ordre de grandeur, 5 000 à 15 000 tugriks le plat, en espèces uniquement. Ils ferment tôt et beaucoup baissent le rideau hors de juillet-août : n’espérez pas dîner après une arrivée de nuit. Le reste des commerces est listé dans Khatgal pratique.
Moron a un marché et des supermarchés ; Khatgal n’a que trois ou quatre épiceries. Achetez donc en bas : café soluble, fruits secs, noix, épices, sauce piquante, chocolat, et tout le spécifique — produits végétariens, sans gluten, cartouches de gaz. Faites-y aussi vos retraits, le liquide servant à tout (budget du Khovsgol).
Trois surtout. Croire qu’on trouvera un restaurant ouvert à tous sur les rives : il n’y a que les salles à manger des camps, prévues pour leurs clients. Arriver avec un régime alimentaire sans l’avoir annoncé. Sous-estimer la monotonie : sur dix jours de piste, le même plat revient cinq fois. Deux poignées de fruits secs et un tube de sauce piquante changent le séjour.
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