Le centre et le désert sont les deux régions les plus visitées du pays, et elles s’enchaînent bien. À condition de ne pas remonter sur Oulan-Bator entre les deux : ce détour ajoute près de 500 km pour rien. Deux tracés relient directement Kharkhorin au Gobi. Aucun n’est goudronné sur toute sa longueur, et c’est le seul vrai problème.
Depuis la capitale, la vallée de l’Orkhon se rejoint par environ 360 km de bitume, et Dalanzadgad par environ 575 km d’un autre axe goudronné, achevé en septembre 2014. Les deux routes forment un V dont Oulan-Bator est la pointe : plus de 900 km au total. La diagonale, elle, se joue entre 440 et 485 km, dont une bonne part en piste. Rentrer pour repartir ajoute donc près de 500 km. Le gain est kilométrique, pas horaire : la piste est lente.
C’est le tracé classique, celui que proposent la plupart des agences. De Kharkhorin aux ruines d’Ongi, comptez de l’ordre de 260 km, soit six à huit heures. D’Ongi à Bayanzag, de l’ordre de 220 km et cinq à sept heures. Vous entrez dans le Gobi par les falaises rouges, puis vous continuez sur Khongoryn Els et Yolyn Am. L’avantage : une vraie étape à mi-chemin, un site à visiter et des camps de yourtes installés près des ruines.
Plus à l’ouest. De Kharkhorin à Arvaikheer, 135 km et environ deux heures trente, goudronné sur l’essentiel du trajet : c’est le dernier plein facile, la dernière banque et le dernier garage avant le désert. Ensuite, plein sud par les soums de l’Övörkhangaï puis de l’Ömnögovi, de l’ordre de 300 km de piste jusqu’aux dunes, soit huit à dix heures : partez tôt ou coupez l’étape dans un soum. Vous abordez le Gobi par l’ouest et le traversez vers l’est. Ce choix ne se justifie que si les dunes priment, ou si vous poussez ensuite vers le Gobi occidental. Il sacrifie Ongi.
Onze jours sont un plancher, douze rendent le programme vivable. Voyez combien de jours passer dans la vallée. Comptez trois jours au centre, deux journées de liaison avec la nuit à Ongi, puis cinq à six dans le désert, sur le modèle du circuit de sept jours, et un dernier jour de bitume par Mandalgovi. L’ensemble tient tout juste dans deux semaines.
Aucun transport public ne relie l’Orkhon au Gobi en travers : il faut un 4x4 avec chauffeur, autour de 150 à 200 dollars par jour, à diviser par quatre ou cinq. Faites le plein à Arvaikheer, ou à Saikhan-Ovoo, à 18 km au nord des ruines d’Ongi ; la pompe d’un soum peut être à sec, emportez un jerrican et lisez carburant et mécanique dans le Gobi. Le carburant peut manquer : demandez à votre agence comment elle s’approvisionne. La fenêtre utile va de fin mai à fin septembre.
Les journées de liaison sont longues, poussiéreuses et sans grand-chose à voir : ne les comptez pas comme des journées de visite. Ne tablez pas sur une moyenne de 60 km/h non plus ; sur piste elle tombe entre 25 et 40. Et n’espérez pas voir les chutes le matin puis filer au sud l’après-midi : c’est une journée, pas une demi-journée.
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