Pays majoritairement bouddhiste, forte minorité sans religion, une poche musulmane à l’ouest, un fond chamanique partout. La liberté de culte ne date que de 1990, et cela explique presque tout ce que vous verrez.
Le recensement national de 2020 donne 51,7 % de bouddhistes, 40,6 % de personnes sans religion, 3,2 % de musulmans, 2,5 % de chamanistes, 1,3 % de chrétiens et 0,7 % d’autres croyances. L’irréligion déclarée est donc massive, héritage direct de soixante-dix ans de régime socialiste. Et ces cases se recoupent : beaucoup de Mongols se disent bouddhistes, font le tour d’un cairn sacré et consultent un chamane, sans y voir de contradiction.
Le bouddhisme tibétain de l’école Gelug structure le pays depuis le XVIe siècle. Les purges de 1937-1939 l’ont rasé. Beaucoup de bâtiments sont donc des reconstructions : à Gandan, la statue de Migjid Janraisig, 26,5 m, est une reconstruction inaugurée en 1996 ; l’originale de 1913, haute de 25,6 m, a été détruite pendant ces purges. Mais pas partout : à Erdene Zuu, trois temples d’origine et l’enceinte de stupas ont survécu, et Amarbayasgalant, bâti entre 1727 et 1736, conserve 28 temples. Ailleurs, ne cherchez pas de patine ancienne dans les monastères.
Les musulmans sont presque tous kazakhs et vivent dans le Bayan-Ölgii, seule province à majorité kazakhe — environ 90 % des habitants — et dans le Khovd voisin. Comptez environ trois heures d’avion depuis Oulan-Bator, avec quelques vols par semaine seulement : vérifiez les dates avant de bâtir l’itinéraire. Les chasseurs à l’aigle sont musulmans, mais le festival de l’aigle d’or, début octobre, est culturel et sportif, pas religieux.
Le chamanisme n’a jamais disparu et reste vivace chez les Tsaatan du nord. Le voyageur le croise surtout sous une forme banale : les ovoo, ces cairns de cols que l’on contourne trois fois dans le sens des aiguilles d’une montre en ajoutant une pierre. Faites-le, cela ne coûte rien et se remarque. En revanche, les « cérémonies chamaniques » vendues aux touristes à Oulan-Bator sont souvent mises en scène : économisez votre argent.
Les Églises se sont installées après la transition démocratique. Le phénomène recule : 2,2 % de chrétiens en 2010, 1,3 % en 2020. C’est urbain, discret, et vous n’en verrez pratiquement rien.
La Constitution de 1992 pose que l’État respecte les religions et que les religions honorent l’État : pas d’activité religieuse dans les institutions publiques, pas de politique dans les institutions religieuses. La loi de 1993 impose un enregistrement, à renouveler chaque année, et encadre le prosélytisme. La religion reste un sujet diplomatique : la visite du dalaï-lama en novembre 2016 a déclenché une crise avec Pékin, dont les mesures de rétorsion sont rapportées différemment selon les sources.
Les offices ont lieu le matin : en arrivant l’après-midi vous verrez les temples, pas la cérémonie, et les horaires varient selon la saison. Les enceintes sont généralement libres, les temples-musées payants, de l’ordre de quelques milliers de tugriks, avec un supplément photo — prévoyez des espèces en petites coupures et vérifiez les tarifs sur place. Sachez aussi que le temple Choijin Lama et le palais d’hiver du Bogd Khan sont des musées, sans culte ; à Erdene Zuu, un seul temple reste réellement actif. Tenue couverte, pas de photo pendant un office : le reste suit les usages mongols ordinaires.
À lire ensuite : la transition de 1990 · Tsagaan Sar · Amarbayasgalant · les peuples de Mongolie.
Introduction à la langue mongole — la seule méthode de mongol écrite pour les francophones : 17 leçons, 348 pages en PDF, 2 h d’audio MP3 et un dictionnaire français-mongol. Téléchargement immédiat.
Télécharger la méthode →Paiement sécurisé · lien de téléchargement par courriel · sans abonnement