La Mongolie a un texte fondateur du XIIIe siècle, une poésie omniprésente et très peu de traductions françaises. Voici ce qui existe vraiment, ce qui se lit avant le départ et ce qui s’achète sur place.
Монголын нууц товчоо (Mongolyn nuuts tovchoo) est le plus ancien texte littéraire connu en mongol : des inscriptions plus anciennes existent, dont la pierre de Gengis Khan, vers 1225. Chronique et poème à la fois, il reste la source de presque tout ce qu’on raconte sur Gengis Khan et sur Karakorum.
La traduction intégrale de Marie-Dominique Even et Rodica Pop (Gallimard, « Connaissance de l’Orient », 1994, 360 pages) reste la référence. Mauvaise nouvelle : elle est indisponible neuve. Cherchez-la d’occasion ou en bibliothèque. Celle de Paul Pelliot (1949) ne couvre que les chapitres I à VI.
Яруу найраг (yaruu nairag), la poésie, compte ici plus que la fiction. Le procédé central n’est pas la rime finale mais l’allitération initiale : les vers d’une strophe attaquent sur le même son. Les traductions françaises rendent mal cet effet, et le disent.
Danzanravjaa (1803-1856), moine-poète du Gobi, a laissé l’opéra Саран хөхөө (Saran khökhöö, « le coucou de la lune »). En 1938, avant la destruction de Khamaryn Khiid, la famille des gardiens cacha manuscrits et objets en montagne ; le conservateur Z. Altangerel en a déterré 24 caisses en 1991, qui forment le musée de Sainshand. Une vingtaine d’autres seraient enterrées. Dashdorjiin Natsagdorj (1906-1937) a fondé la littérature moderne avec Миний нутаг (Minii nutag, « ma terre natale », 1933). Sa statue, dont le socle porte des vers du poème en écriture verticale, a été déplacée en 2013 devant l’hôtel Oulan-Bator, à la place de celle de Lénine.
Méfiance : la plupart des livres « sur la Mongolie » en français sont des récits de voyageurs français. C’est autre chose que de la littérature mongole.
Internom, la plus grande chaîne du pays, tient le rayon anglophone le mieux fourni d’Oulan-Bator, magasin principal rue Amar et succursales dans les centres commerciaux. En français, n’espérez rien ; voyez aussi les librairies et cartes. Comptez 20 000 à 40 000 tugriks pour un livre mongol grand public, soit 5 à 10 € environ à l’automne 2026 ; les livres en anglais coûtent nettement plus cher. Les livres pèsent : surveillez vos franchises bagages sur les vols intérieurs.
Номын баяр (Nomyn bayar) se tient deux fois par an, en mai et en septembre, sur la place Sukhbaatar ; l’édition d’automne 2026, la 40e, s’est tenue du 18 au 20 septembre. Entrée libre, stands d’éditeurs, lectures, ateliers de calligraphie verticale. Une heure suffit si vous ne lisez pas le mongol. Les dates bougent d’une année sur l’autre : vérifiez avant de caler votre séjour dessus.
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