Le Bayan-Ölgii est kazakh à près de 90 %. L’exception tient dans un seul district : le sum de Tsengel, à l’ouest d’Ölgii, où vit la principale communauté touva de Mongolie. Turcophones comme les Kazakhs, mais d’une autre langue et d’une autre religion. Ils y restent minoritaires : environ 1 500 personnes sur près de 10 000 habitants, dans la vallée du Tsagaan Gol. L’aimag n’est pas d’un seul bloc, comme le rappelle la mosaïque ethnique du pays.
On compte environ 2 350 Touvas en Mongolie (estimation 2020), que les statistiques officielles rangent parmi les Uriankhai, d’où un comptage flou. Leur langue est une langue turque de Sibérie, proche de celle de la République de Touva en Russie, sans parenté avec le mongol. Venus de Touva avant les frontières qui les en séparent, ils ont gardé leurs chants, leurs récits et leurs rituels. La scolarité se fait en mongol, avec des cours de langue touva.
Les Touvas suivent le bouddhisme tibétain, mêlé de pratiques chamaniques : offrandes aux cols, aux sources, aux montagnes. Le Tsengel Khairkhan, sommet glacé de 3 943 mètres, fait l’objet d’un culte. Les voisins kazakhs, eux, sont musulmans et pratiquent la chasse à l’aigle. Deux mondes qui partagent les mêmes vallées sans beaucoup se mélanger.
Près de 10 000 habitants sur 6 463 km², dans des vallées situées entre 1 800 et 2 000 mètres. Le sum déclare environ 307 000 têtes de bétail : moutons, chèvres, chevaux, yaks. Pas de rennes : ne confondez pas les Touvas de Tsengel avec les Tsaatan éleveurs de rennes, parents linguistiques installés à l’autre bout du pays. Le reste tient à une mine d’or, à des briqueteries et au tourisme de passage.
Vol ou route jusqu’à Ölgii, puis piste. Environ 80 kilomètres séparent Ölgii du village, les 27 premiers goudronnés jusqu’à Sagsai, puis du gravier : deux bonnes heures. Au-delà, la piste continue vers le parc national de l’Altai Tavan Bogd : 180 kilomètres depuis Ölgii, 5 à 11 heures selon l’état des gués, souvent en deux jours. Il faut un 4x4 avec chauffeur, 80 à 100 dollars par jour, carburant et frais du chauffeur en plus, et un permis de zone frontalière au-delà de Tsengel, à lancer plusieurs semaines à l’avance via une agence.
Le village ne vaut pas le détour en lui-même : rues de terre, quelques échoppes, le pont sur le Khovd. L’intérêt est autour. Les lacs Khoton et Khurgan, la chute de Baga Türgen, et surtout les pétroglyphes de l’Altai inscrits à l’UNESCO en 2011 : deux des trois ensembles classés, le haut Tsagaan Gol et Aral Tolgoi, se trouvent dans ce sum. Une famille vous fera peut-être entendre du chant diphonique, mais rien n’est organisé : sans guide, vous ne verrez que des paysages.
De fin juin à début septembre. Hors saison, gués et pistes deviennent aléatoires. Tsengel seul occupe une demi-journée ; comptez plutôt 4 à 6 jours avec une boucle vers le Tavan Bogd, voir combien de jours prévoir dans l’Altai. Erreurs classiques : arriver sans permis, sous-estimer le temps de route, chercher un hôtel là où il n’y en a pas. On dort en camp de yourtes ou chez l’habitant, à organiser depuis Ölgii. Droit d’entrée du parc : 3 000 à 10 000 tugriks selon les sources, à vérifier sur place. À lire aussi, les erreurs fréquentes dans l’ouest.
Trek au Tavan Bogd · Séjour chez une famille kazakhe · Découverte de la Mongolie
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