La faune autour du lac Khovsgol

Le Khovsgol est le morceau de taïga sibérienne le plus simple d’accès du pays, jusqu’au bord de l’eau. Les espèces y sont celles de la forêt boréale : élan, cerf élaphe, ours brun, loup, zibeline. Les voir est une autre affaire.

Ce que vous verrez vraiment

En trois nuits sur la rive ouest, le bilan ordinaire est maigre : des yaks et des chevaux, des spermophiles, des écureuils, des milans noirs et quelques rapaces au-dessus des crêtes. Les grands mammifères restent en forêt et fuient de très loin. Aucun camp ne vous garantira un animal. Le principe vaut pour tout le pays : voir la faune de Mongolie.

Les grands mammifères de la forêt

Le parc national abrite l’élan, le cerf élaphe, l’ours brun, le glouton, le porte-musc sibérien et la zibeline ; plus haut, bouquetin et argali. L’élan est le plus rare : le braconnage l’a mené près de l’extinction en Mongolie et sa protection reste mal appliquée. Le porte-musc est classé vulnérable par l’UICN, tué pour sa glande à musc, qui atteint 45 000 dollars le kilo. La zibeline, crépusculaire et bonne grimpeuse, se lit surtout dans les traces. Le loup est partout et ne se montre presque jamais.

Les rennes ne sont pas sauvages

Ils appartiennent aux éleveurs Tsaatan, installés dans les taïgas est et ouest du sum de Tsagaannuur, hors du parc : 208 personnes au recensement de 2020. Les rejoindre est un voyage à part, plusieurs jours de cheval et un permis de zone frontière (y aller depuis Khatgal). Les rennes tenus en laisse près de Khatgal en été sont une prestation photo payante, pas une rencontre.

Dans l’eau et dans le ciel

Le lac abrite un poisson endémique, l’ombre du Khovsgol (Thymallus nigrescens), aux côtés de la perche, de la lotte et du lenok. Le taimen, sans doute le plus grand salmonidé du monde, record IGFA à la ligne de 45,8 kg, vit dans les rivières du bassin de la Selenga : espèce vulnérable, pêche sur permis et remise à l’eau à l’hameçon sans ardillon (la pêche au Khovsgol). Les oiseaux offrent de loin le meilleur rendement : les oiseaux du lac.

Où, quand, combien

L’accès ne change pas : 1 h 15 à 1 h 30 de vol jusqu’à Moron, puis une centaine de kilomètres goudronnés jusqu’à Khatgal. Sur place, deux règles : l’heure et le lieu. L’aube et la dernière heure du jour ; les lisières, les tourbières et les embouchures, loin des camps. La rive est, quasi vide, vaut mieux que la rive ouest en août, et juin ou septembre mieux que le plein été (quand partir). Deux jours de cheval sur les hauteurs valent mieux qu’une semaine de camp ; un 4x4 avec chauffeur coûte de l’ordre de 80 à 150 € par jour. Emportez des jumelles : personne n’en prête.

En zone d’ours

Les incidents sont rares, mais le bivouac en forêt impose des règles simples. Cuisinez et mangez à l’écart de la tente. Ne gardez aucune nourriture dedans et suspendez les sacs. Faites du bruit dans les fourrés et le long des torrents. Ne campez ni sur un passage d’animaux ni près d’une carcasse. Face à un ours, reculez en parlant, sans courir ni tourner le dos. Au quotidien, les chiens de garde des campements sont un risque plus concret.

Ce qui déçoit

Trois déconvenues reviennent : payer un circuit vendu sur l’ours ou l’élan, promesse qu’aucune agence ne peut tenir ; chercher les animaux à midi depuis une voiture ; confondre les rennes de Khatgal avec une visite chez les Tsaatan.

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