Observer les oiseaux au lac Khovsgol

Le Khovsgol n’est pas le meilleur site ornithologique de Mongolie. Les grands lacs de l’Ouest et la steppe orientale alignent plus d’oiseaux d’eau. Le Khovsgol a autre chose : c’est le morceau de taïga sibérienne le plus simple d’accès du pays. BirdLife International classe le lac parmi les zones importantes pour la conservation des oiseaux.

Deux milieux, deux listes

Le parc national, créé en 1992 sur environ 838 000 hectares, marque la bascule entre steppe d’Asie centrale et forêt boréale. L’essence dominante est le mélèze de Sibérie. En dix minutes de marche, on passe de la grève au sous-bois de mélèzes, puis à la tourbière. Sur les 534 espèces recensées en Mongolie, celles de la taïga ne se voient guère que dans ce nord-là.

Les oiseaux de la forêt

Le cassenoix moucheté est le plus bruyant, donc le plus facile. Le mésangeai imitateur s’approche volontiers des campements. La gélinotte des bois part dans un claquement d’ailes, souvent avant qu’on l’ait vue. Le tétras à bec noir se mérite : tôt le matin, loin des camps, en silence. Pics, mésanges boréales et becs-croisés complètent selon les années.

Le lac, les embouchures, les marais

Sur l’eau : harles bièvres, garrots, cygnes chanteurs, plongeons arctiques. Au-dessus des anses, le pygargue à queue blanche. Le milieu du lac est vide ; tout se joue sur les bordures. Les embouchures de rivière et le petit lac intérieur de Toilogt concentrent l’essentiel : une zone humide vaut dix kilomètres de rive nue.

Où se poster

Toilogt, à 30 ou 35 km de Khatgal, 1 h 30 à 2 h de piste, reste le meilleur compromis : presqu’île, marais, camps corrects. Jankhai est plus proche, mais aussi le secteur le plus fréquenté : sono et quads en juillet et août. La rive est offre le calme et quasiment aucun service : une journée de piste, et de quoi camper si les rares camps affichent complet. Pour situer chaque secteur, voir les zones à voir. La vallée du Darkhad, à l’ouest, est elle aussi une zone importante pour les oiseaux, hors du parc, mais c’est un autre voyage.

La saison

Mai et juin : chant, plumage nuptial, migrateurs en halte vers la Sibérie. Réserve : le lac ne se libère de sa glace que courant juin, et les camps n’ouvrent guère avant. Juillet et août sont chauds, silencieux côté oiseaux et saturés de vacanciers. Septembre remet du passage et vide les rives, avec des nuits sous zéro : voir la meilleure période. En pratique, deux fenêtres : juin une fois la glace partie, ou septembre.

Accès, durée, budget

Vol Oulan-Bator–Moron, 1 h 15 à 1 h 30, puis une centaine de kilomètres goudronnés jusqu’à Khatgal, 1 h 30 à 2 h. Quatre nuits sur place sont un minimum utile : deux secteurs, deux sorties à l’aube. L’entrée du parc se paie en espèces à la barrière, quelques euros par personne. Ordre de grandeur pour le reste : 100 à 150 USD par jour pour un 4x4 avec chauffeur, carburant en sus, 65 à 100 USD de plus avec un guide. Ces tarifs bougent, faites-les confirmer.

Matériel et erreurs fréquentes

Des jumelles 8x42 d’abord ; la longue-vue sert moins qu’au lac Ugii, les distances étant plus courtes. Bottes, les rives sont humides ; voir quoi emporter. Une barque ou un kayak approche les oiseaux sans les faire fuir, si l’on garde ses distances. Les trois erreurs classiques : sortir à dix heures, planter la tente au ras de l’eau, et attendre du lac des concentrations d’oiseaux d’eau qu’il n’a pas.

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