Un monastère, хийд (khiid) en mongol, n’est pas un musée, même quand il en abrite un. À Gandan comme à Erdene Zuu, des salles servent encore au culte. Les règles tiennent en une poignée de gestes, et personne ne vous les expliquera à l’entrée.
Le mot mongol est гороо (goroo) : le tour rituel d’un lieu sacré. On tourne dans le sens des aiguilles d’une montre, l’édifice ou le stupa toujours à sa droite, traditionnellement trois fois. Même sens pour les moulins à prières, que l’on fait tourner doucement, de la main droite. Même sens autour d’un ovoo. À l’intérieur, suivez le flux des fidèles plutôt que votre instinct.
Épaules et genoux couverts, pas de débardeur. On ne marche jamais sur le seuil d’une porte et on ne s’appuie pas dessus : la règle vaut aussi sous la yourte. On ne touche pas le chapeau d’autrui et on ne passe pas devant une personne âgée. En hiver, gardez votre manteau sur vous. Ces usages débordent des temples : voyez la politesse quotidienne et les interdits.
Dehors, personne ne vous dira rien. Dedans, c’est payant ou interdit. Au temple-musée Choijin Lama, ouvert tous les jours 9 h–18 h selon le musée, comptez de l’ordre de 8 000 tugriks l’entrée et un droit de photo bien plus cher. À Erdene Zuu, la cour est libre, les temples tournent autour de 3 000 tugriks et la photo autour de 5 000. Tarifs et horaires bougent : vérifiez avant de venir et prenez le billet photo avant d’entrer, pas après. Pendant un office, on ne photographie pas les moines. Voyez aussi nos conseils pour photographier et les règles sur le drone.
De petites coupures posées sur l’autel suffisent ; du lait ou des bonbons aussi, comme sur un ovoo. Le хадаг (khadag), écharpe de soie bleue, s’offre et se reçoit des deux mains, paumes vers le haut. On ne touche ni les statues, ni les masques, ni les tambours, ni les textes. On ne pointe pas du doigt : main ouverte, paume vers le ciel. Et on ne tourne pas le dos à l’autel, sauf en sortant.
L’office s’appelle хурал (khural), « assemblée, prière publique ». Au monastère de Gandan (entrée autour de 4 000 tugriks), il commence vers 10 h, mais l’horaire varie : demandez la veille. Restez au fond ou sur les côtés, ne traversez pas devant les rangées de moines, coupez la sonnerie. Dix minutes suffisent, et personne ne vous chassera si vous restez une heure.
Comptez environ une heure à Gandan, une demi-journée à Kharkhorin — mais sept heures de bus d’Oulan-Bator : prévoyez deux jours. La Mongolie comptait 583 monastères et complexes de temples au début du XXe siècle ; la répression de 1937 les a presque tous rasés. On recense aujourd’hui un peu plus de 200 lieux de culte bouddhistes enregistrés. Beaucoup de bâtiments et de statues sont donc récents : le Migjid Janraisig de Gandan, 26,5 m, date de 1996. Erdene Zuu, fondé en 1585, est surtout un musée ; un seul temple y sert encore au culte. Amarbayasgalant, bâti entre 1727 et 1736, avait plus de quarante temples ; 1937 n’a laissé debout que sa partie centrale, et il en reste 28, restaurés depuis 1988. Lire d’abord notre page sur les purges de 1937 change la visite.
Pour aller plus loin : le bouddhisme tibétain en Mongolie, religions et croyances, le chamanisme, plan du site.
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