La Mongolie n’interdit pas les drones, elle les encadre. La steppe paraît vide : c’est une illusion. Les règles les plus sévères visent Oulan-Bator, les parcs et les frontières, exactement ce que l’on veut photographier.
L’autorité compétente est l’Autorité de l’aviation civile de Mongolie (CAAM), le texte applicable la règle ИНД-101, qui couvre les appareils jusqu’à 25 kilos, avec aval de la CAAM au-delà de 15 — en mongol un нисгэгчгүй нисэх төхөөрөмж (nisgegchgui niseh tokhooromj), « appareil volant sans pilote ». Cinq points : plafond de 120 mètres au-dessus du sol, vol à vue, de jour seulement, 4 kilomètres de tout aérodrome, aucun survol de personnes ou de propriété privée sans accord. Le seuil d’enregistrement reste flou : 250 grammes selon les guides spécialisés, 15 kilos selon les récapitulatifs réglementaires. Écrivez à la CAAM (ops@mcaa.gov.mn) : les montants annoncés vont de quelques dizaines de milliers de tugriks à 50 dollars. À l’arrivée, déclarez le drone en douane.
L’Agence de protection spéciale d’État rappelle la liste : place Sukhbaatar, Palais d’État, résidence « Marshal », complexe d’Ikh Tenger, le stade central (Төв цэнгэлдэх хүрээлэн, Tov tsengeldekh khureelen), où s’ouvre le Naadam, et Khui Doloon Khudag, où courent les chevaux. Ajoutez ambassades, emprises militaires et aéroports : en juillet 2025, la police a rappelé l’interdiction autour des missions diplomatiques. Dans les zones de protection spéciale d’État, l’article 14.12 de la loi sur les infractions prévoit la confiscation de l’appareil et 100 000 tugriks d’amende pour un particulier : l’amende est modeste, perdre le drone ne l’est pas. Sur un panneau, дрон (dron) et хориотой (khoriotoy) signifient « drone interdit ».
Dans les aires protégées, le droit d’entrée ne vaut pas droit de voler : l’administration du parc accorde ou refuse, et plusieurs sites interdisent. Posez la question au garde avant, pas après. Près des frontières russe et chinoise, le sujet devient sérieux : ces bandes exigent déjà un permis de zone frontière pour y circuler, et un drone y attire aussitôt les gardes-frontières. Dans l’Altai Tavan Bogd, les sites les plus photographiés sont déjà dans cette bande, et plusieurs récapitulatifs y donnent le drone comme interdit : exigez un accord écrit.
Filmer pour soi n’est pas filmer pour diffuser. Dès qu’il y a commande, marque ou exploitation commerciale, le Conseil national du cinéma délivre une autorisation de tournage aux étrangers : comptez une dizaine de jours ouvrés et, selon le format, 300 000 à 500 000 tugriks, soit 70 à 120 € en 2026. Une agence locale monte le dossier plus vite. Elle ne remplace pas l’autorisation de vol : deux dossiers distincts.
C’est ce qui casse le plus d’appareils. Les constructeurs annoncent environ -10 à +40 °C et 12 m/s de vent : le printemps dépasse souvent ces valeurs, et le Gobi ajoute ses tempêtes de poussière. Par grand froid, une batterie non préchauffée perd l’essentiel de son autonomie ; gardez-les contre le corps. L’altitude joue aussi : 1 580 mètres de moyenne nationale, 4 374 au Khuiten. Moins d’air, moins de portance.
Un drone au-dessus d’un campement est bruyant et fait partir les bêtes. Un troupeau qui panique coûte cher à l’éleveur. Demandez, écran à l’appui : la réponse est presque toujours oui. Ne survolez ni les ovoo ni les monastères en activité, et gardez vos distances au festival de l’Aigle d’or, où les rapaces peuvent charger un appareil. Le reste relève du bon sens.
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