La scène musicale mongole actuelle

La Mongolie n’est pas seulement le pays du chant diphonique et de la vielle à tête de cheval. Oulan-Bator a une scène rock, pop et hip-hop qui a plus de cinquante ans. Voici les noms qui comptent, et où les entendre en vrai.

Du rock d’État aux années 1990

Le premier groupe de rock mongol, Soyol Erdene (Соёл Эрдэнэ), naît fin 1971 sur commande du ministère de la Culture, qui réclame à quatre jeunes musiciens un équivalent mongol des Beatles. Médaille d’or au Festival mondial de la jeunesse en 1973, et critiques régulières du parti pour goût occidental : c’était la règle sous la période socialiste.

Hurd (Хурд, « vitesse ») se forme en 1987 au dépôt ferroviaire d’Oulan-Bator et importe le heavy metal : neuf albums studio entre 1997 et 2021. Haranga (Харанга) suit en 1989, premier groupe de hard rock du pays. La révolution de 1990 a fait sauter le verrou ; tout le reste vient de là.

The HU et le metal à instruments traditionnels

The HU, formé en 2016 par le producteur Dashdondog autour d’étudiants du conservatoire, appelle son style le « Hunnu rock » : morin khuur, tovshuur, tsuur, guimbarde et khöömii sur des riffs de metal. En avril 2019, « Wolf Totem » devient le premier titre mongol numéro un d’un classement Billboard. Trois albums à ce jour : The Gereg (2019), Rumble of Thunder (2022) et Hun (juillet 2026).

Avant eux, Altan Urag (Алтан Ураг), fondé en 2002, avait ouvert la voie du folk-rock : on l’entend dans les films Khadak et Mongol, bonne porte d’entrée par le cinéma mongol. Khusugtun a fini deuxième d’Asia’s Got Talent en 2015. Attention : Nine Treasures, souvent cité à côté de The HU, vient de Mongolie-Intérieure, en Chine, pas de Mongolie.

Pop, indie et hip-hop

Magnolian (Dulguun Bayasgalan, né en 1991) fait de l’indie folk en mongol et en anglais : album Slow Burn en 2020, passage au SXSW en 2017. The Lemons, formé en 2004, joue presque chaque année au Playtime depuis 2006. Côté rap, les premiers groupes datent de la fin des années 1980 ; Khar Sarnai suit en 1991, puis Ice Top et Lumino, et Gee et Tatar dans les années 2000 ; le genre est très présent chez la jeunesse mongole.

Playtime, le rendez-vous de juillet

Playtime, créé en 2002, est le grand festival du pays : trois à quatre jours au début de juillet (2-4 juillet en 2026, 3-6 en 2025), le week-end précédant le Naadam, sur un terrain à Nalaikh (Налайх), à 40 km environ du centre. Rock, metal, rap et électro, avec des têtes d’affiche étrangères depuis 2013. Comptez environ une heure de route : on campe sur place, sinon négociez votre taxi de retour avant de partir. Le domaine playtime.mn renvoie désormais vers un site de paris : le site officiel est playtimefestival.com (dates, tarifs, billetterie).

Où écouter du live à Oulan-Bator

La capitale concentre presque tout. Le Fat Cat Jazz Club, cofondé par Magnolian en 2018, programme jazz et indie. L’UB Palace accueille les gros concerts. Plusieurs bars du centre font jouer des groupes en fin de semaine : voir sortir le soir à Oulan-Bator. Trois mises en garde utiles :

  • les salles ouvrent et ferment vite ; vérifiez ce qui existe encore la semaine de votre arrivée, pas six mois avant ;
  • affiches et billetteries sont en cyrillique : savoir lire l’alphabet change tout ;
  • ne confondez pas les spectacles folkloriques pour touristes avec la scène actuelle : les deux valent le détour, mais ce ne sont pas les mêmes soirées.

À lire ensuite : la musique traditionnelle, l’opéra et le théâtre, les prix en Mongolie et la meilleure période pour partir.

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