La Mongolie n’a pas un edelweiss, mais plusieurs, et aucun n’est celui des Alpes. Les collectes botaniques du pays font ressortir cinq espèces : Leontopodium leontopodioides, de loin la plus fréquente, puis L. leontopodinum, L. conglobatum, L. campestre et L. palibinianum. En mongol, on l’appelle цагаан уул цэцэг (tsagaan uul tsetseg), « fleur blanche de montagne ».
Leontopodium leontopodioides n’est pas une plante alpine : on la rencontre dans la steppe sèche, où elle passe inaperçue entre les graminées, comme sur les pentes de montagne. On la repère le mieux dans la ceinture comprise entre le dernier mélèze et la neige. La plante reste basse : on la cherche au sol, dans les pelouses rases, les éboulis stabilisés et les replats de cols. Rarement en tapis, plutôt par touffes dispersées.
Terelj (тэрэлж) signifie rhododendron : le parc de Gorkhi-Terelj s’appelle donc « ruisseau-rhododendron ». Deux espèces comptent. Rhododendron dauricum, arbuste de 0,5 à 2 m, fleurit rose en mai-juin, souvent avant les feuilles, dans les mélèzaies et les pierriers. Rhododendron adamsii, le цагаан тэрэлж (tsagaan terelj), ne dépasse pas 50 cm, fleurit en juin-juillet à la limite supérieure de la forêt et se boit en tisane. S’y ajoutent R. aureum, jaune, R. parvifolium et R. tomentosum.
Pour la flore d’altitude, le massif de référence reste l’Altai. Le parc national d’Altai Tavan Bogd, créé en 1996, couvre 6 362 km2 autour du Khuiten (4 356 m) : vol jusqu’à Ölgii, puis 180 km de piste, 5 à 7 h de 4x4, et un permis de zone frontière obligatoire. Prévoyez cinq jours sur place, sept pour les glaciers : c’est le véhicule, pas le droit d’entrée, qui fait le prix. Moins lourds à organiser : le Tsambagarav (4 193 m), le Kharkhiraa (4 040 m) dans l’Uvs, l’Otgontenger (environ 4 020 m), dont l’ascension est interdite depuis 2015. Dans le Khangai, les pentes au-dessus du lac Terkhiin Tsagaan (2 060 m) suffisent. Près de la capitale, l’Asralt Khairkhan (2 799 m), à 90 km d’Oulan-Bator mais 5 à 6 h de piste, abrite quelque 1 150 espèces végétales ; le Bogd Khan Uul (2 261 m), protégé dès 1709, se fait à la journée.
Dans les relevés d’edelweiss du pays, juillet domine largement, devant août ; juin et septembre sont nettement en retrait. Les rhododendrons se succèdent : le dauricum en mai-juin, l’adamsii un mois plus tard, en juin-juillet. Ce sont deux voyages différents, et la déconvenue la plus courante vient de là : fin août, en plaine et en basse montagne, l’herbe a jauni et les edelweiss sont déjà en graines. Il faut alors monter, ou renoncer.
Voir aussi : le trekking en Mongolie, les parcs nationaux, la meilleure période et le plan du site.
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