Au sud d’Oulan-Bator, la masse boisée qui ferme l’horizon s’appelle le Bogd Khan Uul (Богд хан уул, Bogd khan uul, la montagne du saint souverain). C’est une aire strictement protégée. Elle commence à la lisière des derniers immeubles : c’est la plus simple des sorties à la journée depuis la capitale.
L’interdiction d’y chasser et d’y couper du bois remonterait aux XIIe et XIIIe siècles, sous Tooril Khan des Kereit. La protection officielle, elle, date de 1778, à l’initiative d’un ministre de la Khüree que les sources nomment tantôt Yündendorj, tantôt Sanzaidorj ; Pékin ne valide qu’en 1783. La montagne repasse sous protection d’État en 1957, devient aire strictement protégée en 1995, puis réserve de biosphère de l’UNESCO en 1996. Environ 47 400 hectares selon l’UNESCO, davantage selon d’autres décomptes, entre 1 310 et 2 270 mètres d’altitude.
Trois itinéraires sont balisés et entretenus. Le plus fréquenté part de la colline de Zaisan vers Дугуй цагаан (Dugui tsagaan, le rond blanc) : comptez deux à trois heures aller-retour, forêt de mélèzes, aucune difficulté technique. Deux voies montent au sommet, Цэцээ гүн (Tsetsee gun) : par la gorge de Tör Khurakh, environ 9 km de montée ; depuis Manzushir, deux à trois heures de montée. L’altitude du sommet varie selon les sources, 2 256 ou 2 268 mètres. Un ovoo marque le point haut.
C’est la journée qui vaut le déplacement. Départ tôt de Zuunmod, taxi jusqu’à Manzushir, deux à trois heures de montée au Tsetsee Gun, puis trois à quatre heures de descente sur Zaisan : cinq à sept heures de marche, deux de plus si vous montez de Zuunmod à pied. L’essentiel se fait sous les mélèzes, avec des poteaux numérotés sur le tronçon principal. Faites-la dans ce sens : vous finissez en ville, sans courir après le dernier minibus.
Манзушир хийд (Manzushir khiid), le monastère de Manzushir, fondé en 1733 et achevé en 1747, comptait 21 bâtiments et, à son apogée, de 300 à plus de 500 moines selon les sources. En février 1937, ses derniers lamas sont arrêtés et les temples rasés pendant les purges. Seul le temple d’été a été relevé ; il abrite depuis 1993 un petit musée, de l’ordre de 2 000 MNT, gratuit jusqu’à 16 ans. Dehors, un chaudron de bronze de 1726, deux tonnes, et des bouddhas gravés dans la falaise. Ne venez pas pour les ruines, venez pour le vallon et la marche.
Minibus pour Zuunmod, en principe depuis le Dragon Center (43 km, une heure à une heure et demie) ; confirmez la gare la veille. Puis taxi ou 8 km à pied jusqu’au monastère. Côté nord, un bus urbain suffit pour atteindre Zaisan. Le droit d’entrée a été relevé en mars 2023 (arrêté A/71) et peut atteindre 15 000 MNT par personne pour une aire strictement protégée ; des montants plus bas circulent encore, vérifiez au poste. Chiens et feux libres sont interdits, les sentiers balisés obligatoires. Juin à septembre reste la bonne fenêtre.
Le brouillard tombe vite et le réseau disparaît dans les vallons. Les tiques sont actives au printemps. Le sommet est un dôme plat, sans panorama vertical : qui cherche du spectaculaire préférera Gorkhi-Terelj. La montagne est aussi très fréquentée le week-end d’été : trois à quatre mille visiteurs certains jours, selon des comptages d’avant 2021.
À lire ensuite : le Töv autour de la capitale, le panorama des parcs nationaux, ou la découverte de la Mongolie.
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