L’eau et les boissons en Mongolie

On ne boit pas l’eau du robinet en Mongolie. Le reste — bouteille, filtre, sources, et ce qu’on vous tendra sous la yourte — demande des précisions.

L’eau du robinet

La recommandation officielle française ne varie pas : boissons encapsulées, ou eau rendue potable par filtration, ébullition ou, à défaut, un désinfectant. Le réseau d’Oulan-Bator est ancien, et la Tuul qui longe la ville est la rivière la plus sollicitée du pays : près de 100 millions de mètres cubes prélevés en 2014. Elle reçoit les rejets d’assainissement de la capitale ; une nouvelle station centrale, annoncée pour fin 2025, doit encore faire ses preuves. Se laver les dents au robinet passe en ville ; boire, non. Dans les quartiers de yourtes, il n’y a pas de conduite : on achète l’eau au bidon à un kiosque, ravitaillé par camion là où le réseau ne monte pas.

L’eau en bouteille

On en trouve dans les villes et la plupart des chefs-lieux. Comptez de l’ordre de 1 000 à 2 000 tugriks les 0,5 L en supermarché, plus cher dès qu’on s’éloigne, tout arrivant par camion. Ces prix bougent, vérifiez sur place (autres ordres de grandeur). Prenez des bidons de 5 ou 10 L plutôt que des petites bouteilles : bien moins cher au litre, et moins de plastique là où rien n’est ramassé. Les camps de yourtes servent de l’eau bouillie à volonté, en thermos : remplissez votre gourde.

Sources, rivières et puits

Limpide ne veut pas dire potable. Les rivières et les lacs reçoivent les troupeaux, et les puits de campagne ne sont ni contrôlés ni publics : on demande avant de puiser. Trois traitements. L’ébullition : une minute à gros bouillons sous 2 000 m, trois minutes au-dessus. Le filtre : il retient bactéries et parasites, pas les virus. Les pastilles au dioxyde de chlore : respectez le temps de contact, plus long en eau froide. Le matériel s’achète à Oulan-Bator, au rayon trek, pas en route. Deux cas particuliers : l’eau au Khovsgol et le ravitaillement dans le Gobi, où l’eau se charge par étapes.

Le rashaan, l’eau minérale des Mongols

Le mot рашаан (rashaan) désigne une source minérale et son eau. Leur température est stable toute l’année, mais va de l’eau froide à l’eau brûlante : à Shargaljuut, dans le Bayankhongor, certaines atteignent 95 degrés. Vérifiez avant d’entrer. On n’y vient pas pour un bain d’une heure mais pour une cure de sept à vingt et un jours. Sites aménagés : le panorama des sources chaudes.

Ce qu’on vous servira

Sous la yourte, le bol arrive sans qu’on demande : сүүтэй цай (suutei tsai), de l’eau, du thé, autant de lait et du sel. Pour du thé nature, demandez хар цай (khar tsai). L’été, on vous tendra du тараг (tarag), le yaourt de la famille, souvent allongé d’eau. Méfiez-vous de l’айраг (airag), présenté volontiers comme une boisson douce : il titre 0,7 à 2,5 degrés, et se boit de la mi-juin au début d’octobre, saison de traite des juments. Ces produits laitiers sont crus : le lait non pasteurisé transmet rarement, mais réellement, certaines infections, dont l’encéphalite à tiques (santé).

Les erreurs fréquentes

  • Boire une eau de montagne parce qu’elle est limpide.
  • Partir en balade avec une demi-gourde : l’air est très sec, on se déshydrate sans transpirer.
  • Espérer acheter un filtre en province : le choix est nul hors de la capitale.
  • Refuser le bol d’un « non merci » sec. Portez-le aux lèvres, même sans boire (les codes du thé).
  • Compter sur la carte bancaire dans une épicerie de soum.

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