Le mot mongol est рашаан (rashaan), et il ne veut pas dire « bain chaud » : il désigne toute eau minérale, froide comprise. Les sources vraiment chaudes et aménagées se comptent sur les doigts d’une main, presque toutes dans le Khangai, au centre du pays. Elles relèvent de deux mondes : les camps de yourtes pour voyageurs, et les sanatoriums (сувилал, suvilal) où les Mongols viennent en cure à la semaine. Confondre les deux est la déconvenue la plus fréquente.
Dans l’Arkhangai, à une trentaine de kilomètres au sud de Tsetserleg, l’eau sort à plus de 80 °C et les camps la refroidissent dans des bassins autour de 40 °C. Plusieurs camps de yourtes se partagent le vallon : on paie la nuitée, ou une entrée à la journée, de l’ordre de 15 000 à 30 000 MNT, en hausse. Comptez 450 km d’Oulan-Bator à Tsetserleg, 8 à 9 heures sur asphalte, puis une bonne heure de piste. Saison de mai à début octobre. C’est la seule où l’on arrive sans rien organiser ; détail sur la page Tsenkher.
Шаргалжуут, dans le soum d’Erdenetsogt, vers 2 150 m : plus de 300 émergences de 40 à 96 °C sur une dizaine d’hectares, et une maison de repos de coopératives ouverte en 1954, devenue sanatorium. Ce n’est pas un spa. On s’y baigne en cabine, par séjours d’une semaine, dans un confort soviétique. Il faut d’abord rejoindre Bayankhongor, 630 km d’Oulan-Bator, puis 54 à 67 km selon les sources, soit deux bonnes heures de piste. L’aller-retour tient dans la journée, en taxi négocié. Venez-y pour voir une cure mongole, pas pour vous détendre.
Хужирт est en Övörkhangai, à 1 660 m, 390 km d’Oulan-Bator et 54 km de Kharkhorin. Le sanatorium fonctionne depuis 1939. L’eau est captée vers 120 m, sort entre 48 et 56 °C, alcaline et peu minéralisée ; une boue soufrée complète les soins. Ouvert toute l’année, contrairement aux camps. Les forfaits se comptent en semaines : 770 000 à 1 400 000 MNT les sept nuits par personne selon la chambre, repas et soins non précisés — tarifs affichés, à reconfirmer. Un bus part en principe de la capitale trois matins par semaine, à confirmer. Le village est dans la vallée de l’Orkhon, sur la route de Kharkhorin aux chutes d’Ulaan Tsutgalan.
Bulnai dans le Khövsgöl et quelques émergences du Zavkhan sont des bains locaux, sans réception ni horaires, parfois réduits à un tuyau et une cabane de planches. Khuremt (Хүрэмт), dans le soum de Taragt en Övörkhangai, est un ancien sanatorium de coopérative (58-60 °C), état inconnu. On y va avec un chauffeur qui connaît, ou pas du tout. Un 4x4 avec chauffeur reste la seule façon réaliste d’en atteindre plusieurs.
Aucune ne justifie à elle seule deux jours de route. Tsenkher se glisse entre Kharkhorin et le lac Terkhiin, sur presque tous les circuits du centre. Khujirt s’ajoute sans effort si vous dormez déjà dans l’Orkhon. Shargaljuut n’a de sens que si la route de l’ouest vous fait passer par Bayankhongor. Trois réflexes : emporter serviette, savon et sandales ; prévoir des espèces, la carte n’étant nulle part garantie, avec ces repères de prix ; téléphoner avant de faire la piste hors saison.
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