L’Ovorkhangai (Өвөрхангай, le « versant sud du Khangai ») couvre 62 895 km², compte dix-neuf soums et environ 115 000 habitants. La province bascule du nord au sud : forêts et alpages du Khangai, puis steppe et semi-désert aux confins du Gobi.
Le paysage culturel de la vallée de l’Orkhon, inscrit à l’UNESCO en 2004 sur 121 967 hectares, s’étend sur le nord de la province et déborde sur l’Arkhangai voisin : le site de Karakorum, le monastère d’Erdene Zuu fondé vers 1585, l’ermitage de Tovkhon et le monastère de Shankh. Plus haut dans la vallée, hors du périmètre inscrit, les chutes de l’Orkhon ferment l’itinéraire. S’y ajoute le parc national du Khangai Nuruu, créé en 1996 sur 888 500 hectares, entre 1 700 et 2 700 mètres ; les lacs de Khuisiin Naiman Nuur forment une réserve distincte, découpée dans le sud du parc. Un droit d’entrée s’applique (règles des aires protégées).
La province paraît compacte sur la carte. Pas sur la piste.
Sur piste, la moyenne tombe entre 25 et 40 km/h ; recoupez avec nos distances routières. Hors de l’axe goudronné, seuls des minibus partagés relient les chefs-lieux de soum, sans horaire fiable et sans desserte des sites : pour Tovkhon et les chutes, il faut un 4x4 avec chauffeur.
Entrez par le nord, sortez par le sud. Jour 1 : la route jusqu’à Kharkhorin. Jour 2 : Erdene Zuu le matin, Shankh ou le musée l’après-midi. Jour 3 : Tovkhon, journée entière. Jour 4 : la haute vallée jusqu’aux chutes, nuit sur place. Jour 5 : redescente sur Arvaikheer. Faire plus court revient à sacrifier Tovkhon ou les chutes : voyez combien de jours prévoir. En sens inverse, depuis le Gobi, la boucle vaut autant.
Le chef-lieu, à 430 km d’Oulan-Bator et plus de 1 800 m d’altitude, n’est pas un but de voyage : deux heures suffisent pour le musée et le marché. Sa fonction est logistique : dernière banque, dernier garage, dernier gros plein avant le désert (Arvaikheer en pratique, carburant et mécanique). Depuis l’été 2026, l’approvisionnement en carburant est perturbé par à-coups : faites le plein dès la moitié du réservoir et gardez des espèces. Une confusion revient souvent : les ruines d’Ongi, étape classique vers le désert, ne sont pas dans l’Ovorkhangai mais dans le Dundgovi voisin. Le tracé complet : combiner l’Orkhon et le Gobi.
La fenêtre utile va de fin mai à la mi-septembre ; ensuite la neige ferme la piste de Tovkhon. Les chutes dépendent des pluies : fin juillet et août donnent le meilleur débit, en juin ou après un été sec ce n’est qu’un filet. En camp de yourtes, comptez de l’ordre de 40 à 100 € la nuit en pension complète, à reconfirmer chaque saison. Deux déceptions reviennent : de Karakorum il ne reste qu’un champ d’herbe et une tortue de granit, et Tovkhon n’est presque pas expliqué sur place. Sur les panneaux, cherchez Хархорин (Kharkhorin) et Арвайхээр (Arvaikheer).
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