La Chine borde la Mongolie partout sauf au nord, mais un seul poste-frontière intéresse la plupart des voyageurs — et on n’y passe pas à pied.
Замын-Үүд (Zamyn-Uud) fait face à Эрээн (Ereen, Erenhot côté chinois). Le train quotidien depuis Oulan-Bator part en fin d’après-midi, arrive au petit matin : environ 710 km et 14 h 30, couchette dure autour de 45 000 tugriks, tarif à vérifier (trains intérieurs). Réservez : il se remplit.
La règle qui surprend : on ne traverse pas à pied. Minibus ou jeep obligatoire, environ 50 yuans la place. Le poste routier n’ouvre que de jour et les horaires publiés se contredisent : venez le matin, comptez deux à quatre heures de formalités (détail du poste). Installez Alipay ou WeChat Pay avant la frontière. Dans l’Altai, Bulgan–Takashiken ouvre sur le Xinjiang du lundi au vendredi (Olgii en pratique).
La Mongolie roule en écartement russe (1 520 mm), la Chine en écartement standard (1 435 mm). À Erenhot, les voitures sont soulevées et leurs bogies remplacés : trois heures d’arrêt environ, souvent de nuit. C’est le morceau célèbre du Transmongolien, pas un bon souvenir. Depuis janvier 2026, le train hebdomadaire Hohhot–Oulan-Bator impose en plus un changement de train sur place, et le jour de départ du train de Pékin bouge presque chaque année.
La Chine dispense de visa les passeports ordinaires d’une cinquantaine de pays, 30 jours, transit compris : France, Belgique, Suisse, et le Canada depuis le 17 février 2026. La mesure court jusqu’au 31 décembre 2026 et vaut aussi aux postes terrestres, donc à Erenhot. Côté mongol, une trentaine de nationalités entrent sans visa pour 30 jours, régime reconduit pour 2026 (le visa mongol, Français, Canadiens). Ces deux régimes sont provisoires et reconduits d’année en année : vérifiez avant d’acheter. Au-delà de 30 jours en Mongolie, l’enregistrement devient obligatoire.
Өвөр Монгол (Övör Mongol, la Mongolie-Intérieure) compte plus de Mongols que la Mongolie n’a d’habitants, et ses enseignes emploient l’écriture verticale traditionnelle, abandonnée au nord au profit du cyrillique. C’est le vrai intérêt du détour.
Pour le reste, soyez lucide. Les « prairies » vendues depuis Hohhot, Xilamuren en tête à 90 km de la ville, relèvent du spectacle organisé ; après la steppe mongole, la déception est certaine. Le mausolée de Gengis Khan à Ordos, bâti dans les années 1950, est un cénotaphe : aucun corps, la tombe n’a jamais été retrouvée. À Erenhot même, le musée des dinosaures remplit honnêtement une demi-journée d’attente.
En dessous de dix jours en Mongolie, vous ne verrez qu’Oulan-Bator et une seule région (dix jours). Côté chinois, trois ou quatre jours à Pékin, deux de plus pour Hohhot, que deux heures et demie de TGV séparent de la capitale. La fenêtre mongole va de juin à septembre (quand partir), quand Pékin en juillet-août est chaud et saturé : fin août est le meilleur compromis. Chaque passage terrestre coûte environ deux jours : jouable sur trois semaines, pénible sur deux.
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