ан агнуур (an agnuur), la chasse, recouvre deux réalités sans rapport : une pratique de subsistance des éleveurs, et une industrie du trophée pour quelques étrangers fortunés. Cette page expose le droit et les positions. Elle n’invite personne à chasser.
Le cadre tient à la loi de 1995 sur la protection de l’environnement, plusieurs fois amendée, et à la loi sur la faune de 2012, qui a remplacé l’ancienne loi sur la chasse : celle-ci n’existe plus. Un étranger ne chasse jamais seul : une structure agréée dépose la demande pour lui. Les quotas sont arrêtés chaque année, espèce par espèce et province par province. Et la chasse est en principe interdite dans les aires protégées.
Deux papiers passent souvent à la trappe : l’autorisation d’importer une arme, obtenue avant l’arrivée, et le permis de zone frontalière, car les terrains de l’Altai longent souvent la Chine ou la Russie.
Comptez plusieurs mois de démarches pour une saison courte, en fin d’été et en automne en montagne. L’erreur classique est de croire qu’un permis s’obtient sur place en quelques jours : seul un opérateur titulaire d’une licence de chasse peut le demander, et les agences généralistes d’Oulan-Bator n’en sont pas. Côté prix, les pourvoyeurs spécialisés chiffrent un séjour аргаль (argali), le grand mouton sauvage, en dizaines de milliers de dollars ; le янгир (yangir), bouquetin de Sibérie, se situe très en dessous. Ces prix sont commerciaux, pas officiels : dates, quotas et montants se vérifient auprès du ministère de l’Environnement et du Changement climatique.
L’argali est classé quasi menacé par l’UICN et inscrit à l’annexe II de la CITES. Les partisans de la chasse payée soutiennent qu’elle donne une valeur à l’animal et finance la surveillance ; ils citent le markhor pakistanais, où 80 % des redevances reviennent aux communautés locales. Les opposants répondent que la part reversée reste opaque et que prélever les plus grands mâles appauvrit l’espèce. Le contrôle reste fragile : en 2019, ProPublica a révélé que Donald Trump Jr avait reçu son permis d’argali après avoir tiré l’animal.
Le ирвэс (irves), le léopard des neiges, figure à l’annexe I de la CITES : environ 950 individus au recensement national de 2021, et 34 à 53 bêtes braconnées par an selon une estimation de 2016. La saïga de Mongolie reste en danger, mais remonte : une infection venue du bétail avait tué 60 % de la population en 2017, et les comptages dépassaient 15 000 têtes en 2023. La тарвага (tarvaga), la marmotte de Sibérie, est en danger depuis 2008, et sa manipulation comme sa consommation restent une voie de contamination par la peste. Le loup, lui, se chasse toujours, mais avec un permis payant.
Vous ne chasserez pas, mais le sujet vous rattrapera. Si l’on vous propose un boodog de marmotte, déclinez. Peaux, crânes et cornes vendus comme souvenirs relèvent souvent de la CITES et, comme les fossiles, vous exposent à une saisie : lisez ce que la douane autorise. La pêche obéit à ses propres règles.
Ne confondez pas les deux. Les Kazakhs du Bayan-Ölgii, environ 250 praticiens, chassent le renard roux et le corsac avec un aigle royal, à cheval, en hiver. C’est de la fauconnerie, inscrite au patrimoine immatériel de l’UNESCO ; le festival de l’Aigle d’or, chaque octobre, en donne une version démonstrative. Aucun fusil, aucun trophée exporté.
À lire ensuite : la faune de Mongolie, le tourisme responsable, la découverte de la Mongolie.
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