Deux souvenirs posent problème au départ : un éclat d’os fossile et un objet ancien acheté sans papier. La loi mongole est nette sur les deux, et les tribunaux l’appliquent.
Les trouvailles paléontologiques et archéologiques font partie du соёлын өв (soyolyn ov), le patrimoine culturel, et appartiennent à l’État. Aucune procédure ne permet à un particulier d’en emporter. Le permis décrit plus bas ne les concerne pas : il vise les prêts entre institutions. Ramasser un fragment d’os ou de coquille à Bayanzag ou dans le bassin de Nemegt est déjà une infraction ; le sortir du pays en est une autre. Les « œufs de dinosaure » proposés en souvenir sont presque toujours des faux, une arnaque classique, et vous exposent quand même à une saisie. Pour le plaisir sans le risque : les dinosaures du Gobi et le musée d’histoire naturelle d’Oulan-Bator.
Le sujet n’a rien de théorique. Un squelette de Tarbosaurus bataar sorti du Gobi en 2006, saisi par la douane française entre 2013 et 2015, remis à la Mongolie en décembre 2025, est arrivé à Oulan-Bator le 11 juin 2026 avec plusieurs lots d’ossements.
Le patrimoine mobilier couvre onze catégories : objets archéologiques, manuscrits et soutras, objets de culte, costumes, instruments de musique traditionnels, minéraux rares et météorites. Vendre à un étranger une pièce classée « sans pareille » est interdit ; on en comptait 778 en 2021. Le piège le plus courant reste l’allée des эртний эдлэл (ertnii edlel), les antiquités, au marché Narantuul : pas de facture, pas de recours, et le vendeur ne sera pas à l’aéroport avec vous.
Le circuit tient en trois guichets. Une boutique sérieuse délivre une facture détaillée, parfois un certificat d’exportation. Le Centre national du patrimoine culturel, à Buyant-Ukhaa, près de l’ancien aéroport (district de Khan-Uul ; 7777-9004, du lundi au vendredi, 8 h 30 à 17 h 30), établit si un objet relève ou non du patrimoine. Le ministère chargé de la culture délivre ensuite l’autorisation de franchir la frontière ; depuis décembre 2022, la demande peut se faire en ligne sur E-Mongolia, qui suppose un numéro d’enregistrement mongol : sans compte, déposez au guichet. Comptez plusieurs jours ouvrables, délai à confirmer : rien ne se règle le matin du vol, et le nouvel aéroport est à une cinquantaine de kilomètres de la ville.
Le cachemire, le feutre, une peinture contemporaine avec sa facture, un morin khuur neuf : l’artisanat actuel ne pose aucun problème. Trois réserves : la reproduction à l’échelle 1:1 d’une pièce classée demande elle aussi une autorisation, les peaux, dents et fourrures relèvent des espèces protégées, et les produits alimentaires se heurtent à la douane de votre pays. Le reste figure dans la douane mongole.
Les jugements du premier trimestre 2026 donnent l’échelle : 5,4 millions de tugriks d’amende chacun (environ 1 300 euros) pour trois personnes condamnées pour fouilles illégales et appropriation de têtes de Bouddha et vajras ; 5 millions pour deux soutras ; 8,1 millions (environ 2 000 euros) pour des pièces d’époque turque. Les objets sont confisqués et versés au Centre national du patrimoine. Deux ressortissants chinois qui avaient dégradé des inscriptions rupestres du Dundgovi ont payé 5,6 millions chacun, plus 9 millions de réparation. Faire franchir la frontière à des biens culturels relève de la contrebande, passible d’une amende de 10 à 40 millions de tugriks ou de deux à huit ans de prison. Voir aussi le tourisme responsable.
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