La Mongolie se réchauffe plus vite que presque partout ailleurs. Pour un voyageur, ce n’est pas un sujet abstrait : c’est un lac qui n’est plus sur la carte, un puits à sec, une piste de poussière là où l’on franchissait un gué.
La température moyenne annuelle a gagné plus de 2 °C depuis le milieu du XXe siècle : les estimations publiées vont de 1,8 à 2,5 °C, et le gouvernement mongol avançait 2,4 °C en 2025. L’écart tient à l’année de départ retenue. La moyenne mondiale a progressé d’un peu plus de 1 °C sur la même durée. Le climat mongol ne devient pas doux pour autant : il devient irrégulier. Le rapport officiel mongol sur l’état de l’environnement 2008-2010 recensait déjà un doublement des événements extrêmes, d’une vingtaine par an avant 2000 à une quarantaine dans la décennie suivante.
Un inventaire national des eaux de surface a conclu à la disparition d’environ 16 % des rivières, 22 % des sources et 28 % des lacs et mares recensés ; ces chiffres, repris de la presse mongole, varient selon les relevés. Le verbe mongol est ширгэх (shirgekh), « s’assécher ». Dans l’Altaï, les glaciers reculent nettement : les relevés disponibles donnent une perte de l’ordre du tiers depuis 1990, davantage pour les plus bas. Le pergélisol recule lui aussi. Dans le sud, l’industrie minière pompe la nappe.
Près de 77 % du territoire est touché par la dégradation des terres, dont la désertification — цөлжилт (tsoljilt). Le Gobi n’avance pas comme un front continu : ce sont surtout les pâturages de la steppe qui s’appauvrissent. Un bilan officiel de 2002 attribue près de 87 % de la désertification à des causes non naturelles : surpâturage, érosion des sols cultivés, brûlis — et le changement climatique lui-même, qui est donc compté dedans. Le surpâturage ouvre la liste ; les troupeaux de chèvres à cachemire y pèsent lourd. Oulan-Bator a accueilli la COP17 de la Convention des Nations unies sur la désertification, du 17 au 28 août 2026.
Le dzud (зуд, zud) est un hiver qui tue le bétail, souvent après un été de sécheresse. Les épisodes majeurs se succèdent : 1999-2002, 2009-2010, 2015-2016, puis 2023-2024, qui a fait périr 7,1 millions d’animaux, plus de 10 % du cheptel. Chaque dzud pousse des familles d’éleveurs vers la capitale : c’est l’une des causes de l’exode rural et, indirectement, de la pollution de l’air à Oulan-Bator en hiver.
La glace de Yolyn Am, dans le Gobi, tenait autrefois toute l’année ; aujourd’hui elle fond dès juillet et a généralement disparu avant le début de septembre. Ne programmez pas ce détour pour la glace après le début de l’été. Les tempêtes de sable, surtout de mars à mai, peuvent clouer au sol les vols intérieurs : prévoyez du battement et vérifiez auprès de la compagnie la veille. Des puits portés sur de vieilles cartes sont taris : dans le Gobi, emportez votre eau et ne comptez jamais sur une source unique.
Rien de tout cela ne rend le pays infranchissable. Juin et septembre restent les meilleures périodes. Un orage d’été peut gonfler une rivière et bloquer une piste une demi-journée : prévoyez une marge d’un ou deux jours sur tout itinéraire d’une semaine ou plus. Économisez l’eau des camps de yourtes, souvent camionnée sur des dizaines de kilomètres : c’est ici le premier geste de tourisme responsable.
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