L’économie minière de la Mongolie

La Mongolie vit de son sous-sol. Le secteur minier, уул уурхай (uul uurkhai, « les mines »), représente environ un quart du PIB et plus de 80 % des exportations. Celles-ci partent à près de 90 % vers un seul acheteur : la Chine. Ce déséquilibre se voit sur les pistes du sud.

Les chiffres qui comptent

La Banque mondiale annonce 6,9 % de croissance en 2025 et 5 % attendus en 2026. Au premier trimestre 2026, le charbon extrait a atteint 28,6 millions de tonnes, contre 19 un an plus tôt. Pourtant l’extraction industrielle n’emploie qu’environ 50 000 personnes dans un pays de moins de quatre millions d’habitants : beaucoup d’argent, peu d’emplois. La redistribution du sous-sol reste le premier sujet politique du pays.

Oyu Tolgoi, le cuivre du Gobi

Оюу Толгой (Oyu Tolgoi, « la colline turquoise ») se trouve dans le soum de Khanbogd, à 80 km de la frontière chinoise. Rio Tinto en détient 66 %, l’État mongol 34 %. La mine souterraine produit depuis 2023 et vise une moyenne de 500 000 tonnes de cuivre par an entre 2028 et 2036. Le site est fermé au public, son aéroport réservé au personnel : inutile d’y prévoir un détour. Le sud minier se regarde depuis la route.

Tavan Tolgoi et la route du charbon

Таван Толгой (Tavan Tolgoi, « les cinq collines »), à Tsogttsetsii, recèle environ 6,4 milliards de tonnes de charbon (нүүрс, nuurs), dont 1,6 milliard de charbon à coke. Un chemin de fer de 233 km rejoint la frontière depuis septembre 2022 ; le tronçon transfrontalier Gashuunsukhait–Gantsmod, ratifié en mars 2025, est en chantier. En attendant, l’essentiel part par camions.

Ce que le voyageur croise vraiment

À l’est de Dalanzadgad, sur la route de Khanbogd et sur celle de Tsogttsetsii à Gashuunsukhait, attendez-vous à des convois continus de semi-remorques et à une poussière qui réduit parfois la visibilité à quelques mètres. Ne doublez jamais à l’aveugle : c’est l’accident classique. La boucle touristique du Gobi, à l’ouest (Yolyn Am, Khongoryn Els, Bayanzag), ne croise pas ce corridor. Dans les villes minières, les hôtels sont souvent complets et chers, occupés par des équipes en rotation : réservez à l’avance.

La mine la plus facilement visitable est celle d’Эрдэнэт (Erdenet, « qui a un trésor »), cuivre et molybdène, en service depuis 1978. Un point de vue domine la fosse à quelques kilomètres du centre ; le musée minier occupe le Palais de la culture. La visite se fait sur rendez-vous par une agence ou votre hôtel, passeport exigé, sans garantie. Comptez une demi-journée et quelques dollars pour le musée, tarifs à confirmer sur place.

Eau, pâturages et colère

En juin 2026, des militants ont bloqué près d’une journée la route du concentré d’Oyu Tolgoi, pour exiger une plus grande part des revenus ; les expéditions ont repris le 18 juin 2026. Les éleveurs voisins contestent depuis des années l’usage de l’eau souterraine et la dégradation des pâturages. Ailleurs, l’orpaillage informel des « ninjas », jusqu’à 100 000 personnes vers 2007, a reculé et s’est en partie régularisé par licences ; beaucoup étaient d’anciens éleveurs ruinés par un dzud. Le même mouvement alimente l’exode vers la capitale, dont les quartiers de yourtes chauffés au charbon font de l’air d’Oulan-Bator l’un des pires du monde en hiver.

Et après le charbon ?

La Mongolie cherche d’autres partenaires. Le français Orano a signé en janvier 2025 un accord pour la mine d’uranium de Zuuvch-Ovoo, dans le Dornogovi : production visée vers 2028. C’est la politique dite du « troisième voisin » : desserrer l’étau des deux voisins immédiats.

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