La géologie de la Mongolie

La Mongolie n’a ni mer ni plaine basse. L’altitude moyenne atteint 1 580 mètres et le point le plus bas du pays reste au-dessus de 500. Tout le territoire est un socle soulevé.

Pourquoi le pays est si haut

Ce socle appartient à la ceinture orogénique d’Asie centrale, ou Altaïdes : un assemblage d’arcs volcaniques et de micro-continents soudés entre 750 et 150 millions d’années. Ces vieilles montagnes auraient dû s’aplanir ; elles ont été relevées une seconde fois par la collision entre l’Inde et l’Asie, dont la poussée porte à plus de 2 000 km au nord et rouvre les anciennes failles. Toute la géographie du pays vient de là.

L’Altaï, jeune et raide

L’Altaï mongol (Монгол Алтайн нуруу, Mongol Altain nuruu ; nuruu veut dire « chaîne » et revient sur toutes les cartes) court sur plus de 800 km du nord-ouest au sud-est. Il porte le Khüiten, 4 374 m d’après les cartes mongoles, et les plus grands glaciers du pays : le glacier Potanine fait 14 à 20 km selon les sources. On part d’Ölgii, avec un permis de zone frontière. C’est le relief le plus coûteux en jours de route.

Le Khangaï, un dôme usé et chaud

Le Khangaï (Хангайн нуруу, Khangain nuruu) est plus vieux, plus bas et bien plus arrondi : 700 km de long, culminant à l’Otgontenger, 4 008 à 4 031 m selon les relevés. Peu de parois, des croupes herbeuses, des mélèzes, de l’eau partout : l’Orkhon et la Selenga y naissent. Le sous-sol y reste chaud, d’où les sources chaudes de Tsenkher.

Des volcans éteints, mais récents

Le Khorgo (Хорго), cône de scories à 2 210 m, a fonctionné il y a environ 8 000 ans. Sa coulée a barré une vallée et créé le lac Blanc de Terkhiin, 61 km² à 2 060 m. Le cratère fait 180 m de large et le cône ne dépasse la plaine que de 120 : la montée est courte. Plus au nord, l’Uran Togoo, à 60 km à l’ouest de Bulgan, est protégé depuis 1965.

Les failles actives et les séismes

La Mongolie est l’un des pays continentaux les plus sismiques du monde. Le 23 juillet 1905, le séisme de Bulnay, magnitude 8,3, a rompu la surface sur 455 km, dont 375 sur la faille de Bulnay, avec un décalage moyen de 8,9 mètres ; le 9 juillet, Tsetserleg avait déjà encaissé une magnitude 8,0. Le 4 décembre 1957, la faille de Bogd, dans le Gobi-Altaï, a soulevé des escarpements atteignant 9 mètres, la rupture de surface la mieux conservée au monde ; 30 morts, la région étant presque vide.

Rien n’est fini. Le 12 janvier 2021, une magnitude 6,7 sous le lac Khovsgol a fissuré environ 220 bâtiments et blessé 59 personnes, sans faire de mort ; la secousse a porté jusqu’à Irkoutsk. Ce bassin est l’extrémité sud-ouest du rift du Baïkal : la croûte s’y étire au lieu de se comprimer. En mongol, séisme se dit газар хөдлөлт (gazar khödlölt).

Ce que cela donne à voir

Entre l’Altaï et le Khangaï, l’affaissement a creusé la Dépression des Grands Lacs : plus de 100 000 km² entre 750 et 2 000 m, sans aucun écoulement vers la mer. D’où les lacs salés, dont l’Uvs Nuur et ses 3 350 km². Au sud, les mêmes bassins fermés ont piégé les sédiments crétacés qui livrent les fossiles du Gobi.

L’erreur classique est de croire que cette altitude se voit. Elle ne se voit pas, elle se sent : nuits froides en juillet et souffle court sur les cols de l’Altaï.

→ À lire ensuite : les hautes montagnes de l’Altaï · la formation du Khovsgol · celle du Gobi · les lacs de Mongolie.

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