Dans l’aimag de Өмнөговь (Ömnögovi), le « Gobi du Sud », à plus de 500 km d’Oulan-Bator, se trouve la plus grande mine du pays. Oyu Tolgoi — Оюу толгой (Oyuu tolgoi), la « colline turquoise » — ne se visite pas, mais elle explique beaucoup de ce que vous croiserez dans le Gobi.
Le gisement a été identifié en 2001, la mine à ciel ouvert a expédié son premier cuivre en 2013. Depuis mars 2023, une seconde exploitation fonctionne en dessous, par effondrement de blocs, sur 200 km de galeries. Rio Tinto en détient 66 %, l’État mongol 34 %. Rio Tinto vise 500 000 tonnes de cuivre par an au pic, entre 2028 et 2036 ; d’autres estimations tablent sur 430 000. Plus de 97 % des employés sont mongols.
Le cuivre et le charbon forment l’essentiel des exportations mongoles, dont environ 86 % partaient vers la Chine en 2023. Les projections officielles annonçaient plus de 30 % du PIB pour la seule Oyu Tolgoi. Un pays suspendu au cours du cuivre et à un client unique : tout le débat sur l’économie minière part de là.
L’eau d’abord : la mine puise dans une nappe profonde, là où il tombe environ 100 mm de pluie par an. Les éleveurs du Gobi contestent depuis des années l’effet sur les puits et les pâturages, et des familles déplacées ont perdu des bêtes. Côté finances : le conflit fiscal de 2013 sur 340 millions de dollars, le dérapage des coûts, le bras de fer parlementaire de 2021, puis l’accord de janvier 2022, assorti d’un versement de 20 millions de dollars dont des ONG réclament encore l’explication. En juin 2026, des manifestants ont bloqué près d’une journée les exportations de cuivre ; Rio Tinto et l’État ont ensuite révisé les conditions financières. Un dossier permanent de la vie politique mongole.
Ce que l’on voit vraiment du sud minier, c’est la route qui relie Tavan Tolgoi (Таван толгой, « cinq collines »), le charbon voisin, au poste de Гашуунсухайт (Gashuunsukhait), 240 km au sud. Goudronnée en 2011, doublée depuis le 9 septembre 2022 d’une voie ferrée à écartement standard, celui de la Chine, non l’écartement russe du réseau mongol, elle charrie des files de camions charbonniers. Ce poste sert au fret : pour passer en Chine, les voyageurs utilisent surtout Zamyn-Uud.
Peu de chose. Le site est clos et gardé, sans visite publique. Ханбогд (Khanbogd), à 40 km de la mine, est un chef-lieu de quelques milliers d’habitants transformé par l’argent minier : logements neufs, supermarché, monastère de Demchigiin Khiid rebâti par la compagnie. L’aéroport de Khanbumbat, ouvert en février 2013, dessert la mine : presque uniquement des employés. Pas de drone : filmer aux abords vous attirera des ennuis.
La mine est à environ 235 km à l’est de Dalanzadgad : une bonne demi-journée de route dans chaque sens, soit deux jours de 4x4 avec chauffeur ; comptez 70 à 110 € par jour, hors carburant. On rejoint le Gobi par la route goudronnée, achevée en 2014, ou en avion. Saison utile : mai à septembre. À Khanbogd, la maximale moyenne atteint 31 °C en juillet, -6 °C en janvier (minimale moyenne -16 °C). Soyons francs : le sud minier intéresse qui veut comprendre la Mongolie d’aujourd’hui, pas qui cherche des paysages. Avec cinq jours dans le Gobi, gardez-les pour les dunes de Khongoryn Els et le parc de Gurvansaikhan. Prévoyez du carburant ; le réseau téléphonique, lui, y est meilleur qu’ailleurs dans le désert.
À lire ensuite : le désert de Gobi, les villes minières, ou le plan du site.
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