Le Bayankhongor, du Khangai au Gobi

Le Bayankhongor (Баянхонгор) est l’une des plus grandes provinces de Mongolie : près de 116 000 km² pour 88 000 habitants. Elle descend des pâturages du Khangai jusqu’à la frontière chinoise, en plein Gobi. Peu de provinces changent autant de décor. Peu sont aussi peu visitées.

Quatre milieux, une seule route

Au nord, le Khangai : herbages d’altitude, mélèzes, yaks. Au centre, la vallée des Lacs, couloir sec entre deux chaînes. Puis le Gobi-Altaï, dominé par Ikh Bogd (Их Богд, 3 957 m). Enfin le Gobi caillouteux. Le problème : la route de l’ouest goudronnée coupe la province par le milieu, et le reste est à 50 ou 250 km de piste. On avale donc la province en une demi-journée de bitume, en route vers Altai, sans rien voir.

Shargaljuut et le nord thermal

À 54 km au nord du chef-lieu, Shargaljuut (Шаргалжуут) aligne plus de 300 émergences chaudes, jusqu’à 95 °C. C’est un lieu de cure mongol, pas un spa : bains en cabine, séjours à la semaine, confort minimal. Comptez la demi-journée pour l’aller-retour, selon l’état de la piste. Pour un bain simplement agréable, Tsenkher fait mieux ; le panorama des sources chaudes compare. Toujours au nord, à 86 km du chef-lieu, le canyon de Galuut (Галуутын хавцал) entaille une steppe plate : on ne le voit qu’arrivé au bord.

La vallée des Lacs et la faille de 1957

Böön Tsagaan nuur (Бөөн цагаан нуур), 240 à 250 km², et Orog nuur (Орог нуур), plus à l’est au pied d’Ikh Bogd, sont deux lacs minéralisés sans exutoire. Haltes de migration : venez au printemps ou en fin d’été pour l’observation des oiseaux. Leur étendue varie selon les années : on trouve parfois bien moins d’eau qu’annoncé. Au pied du même massif court la cassure du séisme du 4 décembre 1957, magnitude estimée entre 7,8 et 8,1 : 250 à 300 km de rupture, des ressauts de 9 m, tenue pour la mieux conservée au monde. Trente morts seulement : la région est presque vide, et le beau temps tenait les éleveurs dehors. La géologie de la Mongolie aide à la lire.

Le sud : préhistoire et Gobi fermé

Dans le soum de Bayanlig, à 240 km du chef-lieu puis 40 km vers le nord-est, la grotte de Tsagaan agui (Цагаан агуй) a livré des outils dont certains remonteraient à 700 000 ans, et des lames de 33 000 à 27 000 ans : un site majeur de l’archéologie d’Asie intérieure, protégé depuis 1988. Ni panneau ni scénographie : sans guide, vous verrez un trou. Des gravures rupestres existent dans ces contreforts, dispersées et non balisées : rien de comparable à l’Altaï. Dans l’angle sud-ouest de la province commence la grande réserve du Gobi, partie A : chameaux sauvages, ours mazaalai, accès très restreint, permis de zone frontière et droits d’entrée obligatoires.

Combien de temps, et faut-il s’arrêter

Franchement : avec deux semaines et l’ouest en vue, traversez. Le crochet par le nord coûte deux jours, celui par le sud plutôt quatre, avec un 4x4 et chauffeur. La province se justifie au deuxième voyage, ou pour qui veut un Gobi sans personne. Saison utile : juin à septembre ; 216 mm de pluie par an, -18 °C de moyenne en janvier. Le carburant enfin : les stations se raréfient dès qu’on quitte le bitume. Faites le plein au chef-lieu, emportez des bidons, vérifiez avant de partir vers le sud. Sous-estimer les pistes reste la première des erreurs de l’ouest.

À lire ensuite : Bayankhongor en pratique · le Gobi-Altaï · combien de jours dans l’ouest · état des routes · les lacs de Mongolie

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