Le cheval de Przewalski porte en mongol le nom de тахь (takhi). On le donne souvent pour le seul cheval sauvage jamais domestiqué : une étude génétique de 2018 l’a rattaché aux chevaux de Botaï, et le débat n’est pas tranché. En 1969, un étalon solitaire est aperçu dans le Gobi dzoungarien : ce sera la dernière observation à l’état sauvage. L’espèce ne survit alors plus que dans les zoos, où tous les individus descendent de douze fondateurs : onze capturés entre 1899 et 1903, plus une jument prise vers 1947.
Une fondation néerlandaise créée en 1977 organise le retour à Khustai, avec une association mongole. En juin 1992, seize takhi sont lâchés à Хустайн нуруу (Khustain nuruu, « la crête aux bouleaux »), dans le Tov ; cinq autres arrivent la même année à Тахийн тал (Takhiin tal, « la plaine des takhi »), dans le Gobi-Altai : un second projet, coordonné depuis 1999 par l’International Takhi Group. Quatre-vingt-quatre chevaux au total seront relâchés à Khustai jusqu’en 2004. L’UICN l’a reclassée « en danger critique » en 2008, puis « en danger » en 2011.
La Mongolie abrite la plus grande part des takhi rendus à la nature, 800 à 1 000 selon les comptages ; l’effectif mondial est estimé entre 2 000 et 2 500, zoos compris.
Khustai est le seul des trois sites vraiment visitable : une centaine de kilomètres à l’ouest d’Oulan-Bator, 1 h 30 à 2 h de route, goudronnée presque partout. C’est l’une des excursions à la journée les plus simples depuis la capitale, et c’est le piège : les takhi bougent à l’aube et au crépuscule, puis restent immobiles à l’ombre. Arriver à treize heures, c’est souvent repartir avec trois silhouettes à un kilomètre. Dormir au camp de yourtes du parc change tout : sortie du soir, puis sortie du lendemain matin.
Ordres de grandeur à vérifier : quelques dizaines de milliers de tugriks d’entrée par personne, soit moins de 10 €, un droit séparé par véhicule, et 60 à 100 dollars par personne et par nuit en yourte, repas compris. Les montants annoncés en ligne se contredisent : confirmez au guichet du parc. Aucun bus direct : prévoyez une voiture avec chauffeur ou un circuit. Jumelles indispensables ; sans téléobjectif, vos photos décevront. Mai-juin et septembre restent les meilleures périodes.
La diversité génétique reste minuscule : douze ancêtres pour toute l’espèce. S’y ajoutent l’hybridation avec les chevaux domestiques en semi-liberté, la concurrence pour l’eau et les pâturages, et surtout les hivers extrêmes, plus fréquents avec le changement climatique. Un seul dzud peut effacer dix ans de croissance. Sur place, restez à 200 mètres et ne coupez jamais un harem : c’est la base du tourisme responsable ici.
À lire ensuite : l’espèce en détail, la faune de Mongolie et les parcs nationaux.
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