Fleurs de la steppe mongole : quand et où les voir

La steppe mongole n’est verte qu’une dizaine de semaines par an. Viser cette fenêtre change tout.

Le calendrier réel de la floraison

La floraison suit la pluie, et la pluie tombe tard. À Oulan-Bator, il tombe en moyenne 21,7 mm en mai, 47,2 en juin, 74,5 en juillet et 65,4 en août. L’herbe réagit avec quelques semaines de décalage. Le climat commande donc tout :

  • Mai et début juin : steppe encore beige. Les pulsatilles (яргуй, yargui, Pulsatilla) fleurissent les premières, puis les iris, surtout Iris tenuifolia (цахилдаг, tsakhildag), violet pâle, 10 à 30 cm, sur sable et graviers.
  • Fin juin à fin juillet : le pic. La seule vraie période de floraison ; elle recoupe le Naadam.
  • Août : les gentianes bleues (дэгд, degd) prennent le relais en altitude ; le sud jaunit déjà.

Pour la floraison, visez le 20 juin – 5 août ; les autres arbitrages sont dans la meilleure période pour partir.

Cinq espèces reconnaissables sans guide

  • La pivoine sauvage (Paeonia anomala, цээнэ, tseene) : 50 cm à 1 m, pétales magenta de 3 à 6,5 cm, lisières boisées du nord.
  • L’edelweiss (цагаан уул цэцэг, tsagaan uul tsetseg, « fleur de montagne blanche ») : ici, pas une rareté alpine ; le genre est commun en steppe et en montagne.
  • Les stipes, ou herbes à plumes (хялгана, khyalgana) : Stipa baicalensis, Stipa grandis. Pas des fleurs, mais ce sont elles, les vagues argentées des photos.
  • Les aulx sauvages : таана (taana, Allium polyrhizum), boules roses à violettes sur tige de 30 cm, et хөмөл (khomol, Allium mongolicum). Froissez une feuille : odeur d’oignon franche.
  • L’armoise (шарилж, sharilj) : peu spectaculaire, mais c’est elle que vous sentirez partout.

Les plantes que les éleveurs utilisent

La racine de Paeonia anomala figure dans la médecine traditionnelle mongole. L’orpin rose (Rhodiola rosea, алтан гагнуур, altan gagnuur, « soudure d’or »), petites fleurs jaunes sur rocher d’altitude, passe localement pour une plante rare (ховор ургамал, khovor urgamal) et il est inscrit à l’annexe II de la CITES. L’argousier (чацаргана, chatsargana) se boit en jus partout. Dans le Gobi, Cistanche deserticola, parasite du saxaoul, est récoltée ; elle relève aussi de l’annexe II. Bon sujet chez les éleveurs. N’achetez pas de racines séchées à rapporter : la douane s’y intéresse.

Où aller, et pour combien de temps

  • Khustain Nuruu, à 100 km à l’ouest d’Oulan-Bator : 459 espèces de plantes vasculaires recensées, faisable à la journée.
  • Gorkhi-Terelj : entrée principale à 37 km du centre, le village vers 66 km. Prairies fleuries entre les rochers, une demi-journée suffit.
  • Le Khangai et le lac Khövsgöl : des prairies plus denses, vertes plus longtemps. Comptez un à deux jours de route depuis la capitale.
  • Le Gobi : n’y allez pas pour les fleurs. Il y tombe 100 à 200 mm de pluie par an, deux fois moins qu’au nord, et le saxaoul (заг, zag) fleurit en mars-avril, presque invisiblement.

Entrée payante à Khustain Nuruu et à Terelj ; pour le Khangai, le 4x4 avec chauffeur reste le gros poste, à tarif variable.

Les déconvenues fréquentes

Les images de tapis fleuris correspondent à quelques jours, dans certaines vallées, après une bonne pluie : une année sèche donne une herbe rase. Juillet est aussi le mois des moustiques et des taons près de l’eau. Dans les aires protégées, la cueillette est encadrée et plus de 200 espèces végétales du pays sont considérées comme menacées : photographiez, ne ramassez pas. Enfin, c’est le vent, pas la lumière, qui gênera vos photos de fleurs.

À lire ensuite : la flore de la steppe · la flore de montagne · mois par mois · le plan du site.

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