Rafting et canoë en Mongolie

La Mongolie n’est pas une destination d’eau vive. Ses rivières sont larges, peu profondes, sans grande pente. On y descend un couloir vide pendant trois jours ; on n’y enchaîne pas des rapides. Très peu d’opérateurs en proposent, et rien ne se vend à la journée depuis Oulan-Bator.

Des rivières calmes, une saison courte

L’Orkhon, 1 124 km, est la plus longue rivière du pays. Son débit dit tout : mesuré à Bulgan, il tombe à 0,5 m³/s en février, reste autour de 66 m³/s en moyenne et culmine à 190 m³/s en juillet. La Tuul, née dans le Khentii, est prise par la glace de la mi-novembre à la mi-avril. La Chuluut, 415 km, coule encaissée : son canyon entre Tariat et Öndör-Ulaan. Vue d’ensemble : les rivières de Mongolie.

La fenêtre utile

De la mi-juin au début septembre. Un opérateur d’Oulan-Bator cale par exemple sa saison rivière du 15 juin au 1er septembre. Juillet et août donnent le meilleur niveau, mais ce sont les mois d’orage : үер (uer), la crue, fait monter le niveau très vite et rend l’eau opaque. Septembre est plus stable, et plus froid. Comparez avec la meilleure période.

L’eau reste froide

Ces rivières sortent de massifs qui dégèlent tard. Le lac Khovsgol, dont l’Eg est l’unique émissaire, reste froid tout l’été ; sur les rivières de montagne aussi, comptez une eau froide en juillet. Donc : pas de coton, des vêtements qui sèchent vite, une polaire dans un sac étanche, des chaussures fermées. Et le gilet porté, pas rangé — аврах хантааз (avrakh khantaaz), gilet de sauvetage.

Où l’on descend vraiment

Trois secteurs. La haute Tuul, en amont de la capitale, entre Gorkhi-Terelj et la zone protégée du Khan Khentii : trois heures de route, catarafts et kayaks gonflables depuis un camp ouvert de la mi-mai à fin septembre. La région du Khovsgol, par un vol vers Moron puis trois heures de piste, pour trois jours en canyon. La vallée de l’Orkhon, plutôt en complément d’un circuit terrestre ; on ne passe pas les chutes d’Ulaan Tsutgalan. Évitez la Tuul en aval d’Oulan-Bator : eaux usées de la ville, sédiments des mines d’or de Zaamar.

Combien ça coûte

Deux ordres de grandeur chez un opérateur d’Oulan-Bator, par personne base deux participants : environ 1 090 dollars pour quatre jours dans un camp de la haute Tuul, pagaie comprise parmi d’autres activités, et environ 3 850 dollars pour cinq jours dans le nord, vol intérieur inclus. Seul, comptez un supplément. Faites confirmer par écrit ce que couvre le prix auprès de votre agence : les tarifs changent chaque saison.

Les déconvenues fréquentes

  • Croire qu’on loue un raft sur place : ne comptez pas trouver de loueur au bord de l’eau, tout se réserve à l’avance.
  • Attendre de l’eau vive : hors crue, le courant reste facile.
  • Oublier que l’assurance exclut souvent l’eau vive, et qu’il n’y a ni secours ni réseau au bord de l’eau.
  • Ignorer les droits d’entrée des aires protégées, dus même pour une journée de pagaie.

Venir avec son packraft

La formule la plus souple, et la plus exigeante. Surveillez le poids : les vols intérieurs sont sévères sur les bagages. Prévoyez une autonomie complète et lisez le bivouac en Mongolie ; jamais de camp sur un banc de graviers. Deux mots : гол (gol), rivière, et рафтинг (rafting), le rafting.

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