Les poissons de Mongolie et le taimen

La Mongolie recense 75 à 85 espèces de poissons d’eau douce selon les inventaires. C’est peu, et c’est logique : des eaux froides, pauvres, prises par la glace la moitié de l’année. Une de ces espèces est pourtant le plus grand salmonidé du monde.

Les quatre noms qu’on entend au bord de l’eau

Le taimen (тул, tul), Hucho taimen. Le lenok (зэвэг, zeveg), Brachymystax lenok, salmonidé trapu, 1 m et 15 kg au maximum, mais 80 cm et 9 kg en Mongolie. L’ombre (хадран, khadran), commun dans les affluents froids. L’osman de l’Altaï (Oreoleuciscus), propre à la Mongolie et à ses marges russes, tient les lacs fermés de l’ouest. Ajoutez brochet, perche et lotte. Poisson se dit загас (zagas). Le lac Khovsgol a son ombre endémique, Thymallus nigrescens (Хөвсгөл хадран, khovsgol khadran), voir la faune du lac.

Le taimen en chiffres

Le plus gros spécimen rapporté, jamais authentifié, date de 1943, dans la Kotouï en Russie : 210 cm pour 105 kg. Le record IGFA est plus modeste, 42 à 46 kg selon les sources. Un adulte ordinaire fait 70 à 120 cm et 15 à 30 kg. L’espèce vit au moins 55 ans : un gros poisson a des décennies derrière lui. Les juvéniles mangent des invertébrés, les adultes du poisson, des rongeurs, des oiseaux de surface. Sur l’Eg et l’Uur, un taimen occupe en moyenne 23 km de rivière, parfois 93. L’UICN le classe vulnérable.

Où il vit, et où il ne vit pas

Deux ensembles utiles au pêcheur. Au nord, le bassin de la Sélenga : Eg, Uur, Delger Moron. On y va par un vol d’environ 1 h 15 vers Moron, puis des heures de piste. À l’est, le bassin de l’Amour : Onon et Balj, dans le Khentii, en partie dans le parc national d’Onon-Balj (2000, 4 158 km²) ; plus loin, le Kherlen et le Khalkh. Ailleurs, pratiquement rien : ni dans les lacs fermés de l’ouest, ni dans le Gobi. Vue d’ensemble dans les rivières de Mongolie.

Permis, saison, budget

Les pourvoyeurs annoncent une saison du 15 juin au 1er novembre, le printemps fermé pour la fraie ; les dates bougent, vérifiez-les. Le permis taimen est nominatif et limité à un bassin : nom, dates et bassin y figurent. Il passe par un opérateur agréé, sous tutelle du ministère de l’Environnement ; un particulier ne l’achète pas seul. Ordre de grandeur : 400 à 500 dollars le permis, et environ 6 500 dollars le séjour d’une dizaine de jours chez un pourvoyeur sur l’Eg, transferts compris, hors vols. Sans permis : amende, confiscation du matériel, expulsion. Faites confirmer les montants par écrit avec votre agence, et lisez la réglementation et les règles des aires protégées.

Le no-kill n’est pas une posture

Sur les rivières à taimen, la remise à l’eau est la règle, hameçon simple sans ardillon. Mal faite, elle ne sert à rien : combat court, mains mouillées, poisson maintenu dans l’eau, jamais posé sur les galets, pas de séance photo. Les vraies menaces restent le braconnage aux filets, l’extraction de graviers, la pollution minière et le réchauffement. Voir aussi le tourisme responsable.

Les déconvenues fréquentes

Quatre. Croire qu’on improvise en arrivant : un permis taimen se monte des mois à l’avance. Confondre le permis de pêche ordinaire, qui ne couvre pas le taimen, et le permis taimen. Viser juillet, quand les pluies troublent l’eau : août et septembre sont plus sûrs, voir la meilleure période. Compter sur un magasin d’articles de pêche : hors d’Oulan-Bator il n’y en a pas, voir quoi emporter.

À lire ensuite : la pêche au Khovsgol · la faune de Mongolie · rafting et canoë

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