Deux provinces voisines, au nord d’Oulan-Bator, sur la route de la Russie. Le Darkhan-Uul (Дархан-Уул) tient dans 3 275 km² et compte environ 110 000 habitants (2024) ; la Selenge (Сэлэнгэ) couvre 41 153 km² pour à peine moins d’habitants, répartis en 17 sums. Personne ne vient pour elles : on les traverse. Deux ou trois arrêts valent pourtant la peine.
D’Oulan-Bator à Darkhan : 204 km d’axe à quatre voies, quatre heures de bus. Par le rail, la ligne jusqu’à la frontière, achevée en novembre 1949, fait 404 km ; Sukhbaatar, chef-lieu de la Selenge et dernier arrêt mongol, est à 21 km de la frontière. Le paysage n’est pas celui des brochures : forêt-steppe, collines boisées et des champs, beaucoup de champs. Hors des deux axes goudronnés, les routes redeviennent des pistes.
La Selenge fournit environ 40 % des céréales du pays ; le Bulgan voisin en cultive aussi. Le blé (улаан буудай, ulaan buudai), la pomme de terre et le colza occupent les vallées de la Selenge et de l’Orkhon. Ces terres sortent des campagnes de défrichement socialistes : 530 000 hectares mis en culture à la fin des années 1950 et au début des années 1960, sous le nom d’атар (atar), « terres vierges ». La moisson tombe fin août et en septembre. C’est le seul moment où ces deux provinces sont belles, et une bonne raison de programmer le trajet en automne.
Altanbulag, face à Kiakhta, est né comptoir après le traité de Kiakhta de 1727, bâti à partir de 1730 ; on l’appelait alors Maimaicheng, la ville du commerce. De cet héritage russe et chinois il reste surtout des maisons de rondins, des potagers et des clôtures peintes, à Sukhbaatar, à Zuunkharaa (Зүүнхараа) et dans les sums forestiers du nord-est. Ne cherchez pas un village russe conservé : il n’y en a pas. Savoir lire le cyrillique sert ici plus qu’ailleurs, car rien n’est traduit. Le détail du passage figure dans la Selenge et la frontière.
Le monastère d’Amarbayasgalant (Амарбаясгалант), dans le sum de Baruunbüren, justifie à lui seul l’étape. Bâti de 1727 à 1736 sur ordre de l’empereur Yongzheng, il devait recevoir la dépouille de Zanabazar, transférée ici en 1779. Il comptait plus de quarante temples ; il en reste vingt-huit. Il a échappé en partie aux purges de 1937, et sa restauration a commencé en 1988 avec un appui de l’UNESCO. Pas de transport public : 4x4 avec chauffeur obligatoire. Deux à trois heures depuis Darkhan, en partie sur piste ; 120 km depuis Erdenet. Prévoyez une demi-journée sur place et une nuit en camp de yourtes.
Darkhan, 87 696 habitants en 2022, fondée le 17 octobre 1961, se visite en une demi-journée, monastère en rondins compris. Sukhbaatar, environ 22 000 habitants, ne vaut que deux heures. Sharyngol (Шарынгол), cité minière du charbon, n’a rien à montrer : passez votre chemin.
Les bus pour Darkhan partent environ toutes les heures et coûtent moins de 10 € ; des trains quotidiens poussent jusqu’à Sukhbaatar, de l’ordre de 10 000 à 35 000 tugriks selon la classe, horaires et tarifs à vérifier. Une nuit part de 30 000 tugriks en guesthouse, nettement plus en hôtel : à vérifier. Emportez du liquide. Trois déconvenues reviennent : la piste d’Amarbayasgalant devient pénible après la pluie, la zone franche d’Altanbulag n’est pas le marché annoncé, et l’hiver ici ne se visite pas.
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