À environ 150 kilomètres au sud-ouest d’Oulan-Bator, Zorgol Khairkhan dresse un bloc de granit isolé dans une steppe rase. Le sommet culmine à 1 668 mètres. C’est l’une des rares sorties de deux jours au départ de la capitale qui évite Terelj et le Bogd Khan.
Le massif se trouve dans le soum de Баян-Өнжүүл (Bayan-Onjuul), aimag de Төв (Töv). En mongol, хайрхан (khairkhan) n’est pas un nom propre : c’est un titre de respect donné aux montagnes sacrées, d’où sa fréquence sur les cartes. Voir comprendre les noms de lieux mongols et le Töv autour de la capitale.
Comptez environ 150 kilomètres depuis Oulan-Bator. Sur le papier deux heures et demie ; dans les faits trois heures, davantage après la pluie. Faites préciser l’approche avec votre chauffeur : les cartes donnent au massif les coordonnées du centre du soum. Aucun transport public n’y dépose : il faut un véhicule avec chauffeur. Le 4x4 n’est pas indispensable par temps sec, mais les derniers kilomètres se font hors route : lisez d’abord ce qu’on appelle une route en Mongolie.
Aucun sentier balisé. On monte où l’on peut, entre dalles et blocs, et l’aller-retour jusqu’aux hauteurs demande environ trois heures. Rien de technique, mais du granit lisse, pas d’ombre et aucun point d’eau sûr en altitude. Chaussures montantes et deux litres d’eau par personne. Un usage local rapporté par la presse mongole veut que les femmes ne montent pas au sommet : renseignez-vous sur place. Voir aussi la randonnée en Mongolie.
Trois grottes percent le granit ; la plus grande est dite de Shijirbaatar, ou de Dansran. La plus difficile d’accès, Тоонотын агуй (Toonotyn aguy), la grotte au toit percé, ne s’atteint qu’à la corde depuis un rocher d’environ 82 mètres : sans encadrement ni matériel, on n’y va pas. Côté faune, les sources locales citent l’аргаль (argal, l’argali) et le bouquetin, sans comptage récent ; les cerfs et sangliers qu’on lit ailleurs sortent d’une légende. N’y allez pas pour la faune.
Nous n’avons trouvé aucun camp de yourtes au pied du massif ; faites confirmer avant de partir. On bivouaque, ou l’on négocie une nuit chez des éleveurs ; emportez toute votre eau. La montagne est vénérée : on contourne les ovoo dans le sens des aiguilles d’une montre, on ne laisse aucun déchet, on ne souille pas les sources minérales, et faire ses besoins sur les pentes est strictement proscrit : installez-vous en contrebas. On évite aussi de prononcer son nom en la désignant. Une tradition locale, sans source établie, rattache le lieu à un serment entre Temoudjin et Toghrul à l’automne 1202.
De mai à septembre ; juin et septembre sont les plus agréables, voir quand partir. Un véhicule privé avec chauffeur et carburant tourne autour de 120 à 200 € par jour, à revérifier avant de réserver. La déconvenue classique : on attend un canyon, on trouve un pain de granit sur la steppe. Si ce sont les rochers qui vous attirent, Baga Gazriin Chuluu est plus spectaculaire. Zorgol Khairkhan vaut pour sa proximité et son calme : des éleveurs, peu de touristes.
Samedi matin le trajet, marche l’après-midi, bivouac. Dimanche, remontée vers le nord jusqu’au parc de Khustain Nuruu et ses chevaux de Przewalski, puis retour.
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