Les rapaces de Mongolie : aigles, vautours et faucons

La Mongolie compte 534 espèces d’oiseaux. Sur une steppe sans arbre, une grande silhouette se voit de loin ; reste à savoir ce que l’on regarde.

Quatre silhouettes à distinguer

Le vautour moine (нөмрөг тас, nomrog tas) est le plus grand : 2,5 à 3,1 m d’envergure, brun-noir uniforme, tête claire, ailes tenues bien à plat.

Le gypaète barbu (ёл, yol) atteint 2,3 à 2,8 m et ne ressemble à aucun autre vautour : ailes étroites, longue queue en losange, corps orangé, cou emplumé. Il mange 70 à 90 % d’os. En montagne seulement.

L’aigle royal (цармын бүргэд, tsarmyn burged) est plus petit : 1,8 à 2,3 m, nuque dorée, ailes en V léger. Les jeunes ont la queue blanche aux deux tiers, bordée de noir, et parfois des taches blanches aux ailes.

Le faucon sacré (идлэг шонхор, idleg shonkhor) ne dépasse pas 1,26 m : profil effilé, battements rapides. Il ne bâtit pas de nid et occupe ceux d’autres oiseaux.

Piège classique : la buse de Mongolie, 1,43 à 1,61 m, la plus grande du monde, que presque tous appellent « aigle ». Elle se maintient souvent sur place face au vent ; l’aigle royal, rarement.

Où les voir

Le meilleur site est Yolyn Am, dans le parc national du Gobi Gurvansaikhan. Son nom mongol, Ёлын ам (Yolyn am), veut dire « la gorge du gypaète ». Comptez 45 km depuis Dalanzadgad par route goudronnée et deux à trois heures sur place. Trois espèces y volent, dont le vautour de l’Himalaya. L’est du parc est classé zone importante pour les oiseaux au titre du faucon sacré.

Pour l’aigle royal, visez l’Altai Tavan Bogd. Pour le faucon sacré et la buse, la steppe centrale suffit : poteau après poteau, depuis un 4x4 avec chauffeur. Pour un séjour dédié, voir l’observation des oiseaux.

Quelle saison

Les vautours se voient toute l’année. Le faucon sacré niche au printemps et au début de l’été. Mai et juin donnent le plus d’espèces, septembre la meilleure lumière : voir la meilleure période. Les aigles des chasseurs kazakhs sont captifs : festival de l’aigle d’or en octobre, festival plus petit à Sagsai en septembre, ou hors festival l’hiver.

Le faucon sacré et son trafic

Oiseau national depuis 2012, classé En danger par l’UICN, il vaut cher. De 1994 à 2001, la Mongolie en exportait environ 80 par an vers les pays arabes. Le moratoire de cinq ans décrété en 2013 n’a rien changé : en 2016, les envois atteignaient encore quelque 300 oiseaux, autour de 4 500 dollars pièce. Il a expiré : vérifiez le régime actuel.

L’autre tueur est électrique. Les quelque 30 000 poteaux de béton plantés depuis 1990 mettent les oiseaux à la terre : sur quelques petites zones, des chercheurs ont relevé jusqu’à 350 électrocutions par mois, toutes espèces confondues. En face, 5 000 nids artificiels ont été posés sur la steppe, dans un programme de l’agence de l’environnement d’Abou Dhabi : ces caisses sur piquet vues depuis la piste, ce sont elles.

Erreurs fréquentes

Partir sans jumelles : un 8x42 change tout, et n’espérez pas en louer sur place. S’approcher d’un nid ou le survoler en drone : l’adulte abandonne. Payer pour tenir un aigle entravé : ce n’est pas de la fauconnerie, voir le tourisme responsable. L’entrée des aires protégées se paie, quelques milliers de tugriks : vérifiez les règles et tarifs.

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