Les oiseaux de la steppe mongole : grue demoiselle, alouettes et outardes

La steppe paraît vide depuis la vitre d’un 4x4. Elle ne l’est pas : 534 espèces d’oiseaux sont recensées en Mongolie, et les plus remarquables vivent dans l’herbe rase, visibles depuis la piste. Encore faut-il savoir ce qu’on regarde.

La grue demoiselle

La grue demoiselle (Grus virgo, en mongol Өвөгт тогоруу, ovogt togoruu) est la plus petite des grues : 85 à 100 cm, 1,55 à 1,80 m d’envergure. Elle ne bâtit presque pas de nid et pond à même le sol. Deux œufs, 27 à 29 jours de couvaison, 55 à 65 jours avant l’envol. De juin à août, vous verrez des couples suivis d’un ou deux jeunes, souvent à deux cents mètres de la route. C’est l’un des grands oiseaux de la faune mongole les plus faciles à voir depuis la piste.

Alouettes et traquets : le fond sonore

Onze espèces d’alouettes (Болжмор, boljmor) figurent sur la liste nationale. Les deux que vous entendrez partout en juin : l’alouette mongole (Melanocorypha mongolica), calotte rousse, et l’alouette hausse-col (Eremophila alpestris), reconnaissable à ses deux cornes de plumes noires. Toutes nichent dans une cuvette au sol, d’où l’intérêt de ne pas quitter les pistes existantes.

Le traquet isabelle (Oenanthe isabellina), beige sable, 15 à 16,5 cm, se tient sur une bouse sèche ou un caillou. Il niche sous terre, dans un terrier abandonné de pika ou de spermophile : un oiseau qui disparaît dans un trou de rongeur, c’est lui.

L’outarde barbue, le lot rare

L’outarde barbue (Otis tarda, Тоодог, toodog) est l’un des plus lourds oiseaux volants du monde : 5,8 à 18 kg pour les mâles. L’UICN la classe en danger depuis 2023. On la signale surtout dans les steppes reculées du Dornod, du Khentii, du Sukhbaatar, de la Selenge et de l’Uvs, mais la liste de Khustain Nuruu la mentionne aussi. Elle décolle à plusieurs centaines de mètres : l’approcher est perdu d’avance.

Quand

De mi-mai à fin août, avec juin en tête : chant, parades, poussins, herbe encore verte. À partir de septembre, les grues se rassemblent en vols et partent hiverner dans le sous-continent indien. Voyez la meilleure période et le printemps.

Où aller

Trois options, par ordre d’effort. Le parc de Khustain Nuruu, à une centaine de kilomètres à l’ouest d’Oulan-Bator, compte 217 espèces et se fait en une journée. Le lac Ögii (site Ramsar), dans l’Arkhangai, est à une soixantaine de kilomètres au nord de Kharkhorin : une demi-journée de plus, et les oiseaux d’eau. Enfin la Mongolie orientale : Mongol Daguur, dans le Dornod, site Ramsar depuis 1997 et patrimoine mondial depuis 2017 avec les Paysages de Dauria. Les grandes scènes s’y jouent, grue à cou blanc comprise, mais comptez plusieurs jours de piste et vérifiez le permis de zone frontière.

Ce qui déçoit

  • Ni observatoire, ni affût, ni sentier balisé. On observe depuis le véhicule, qui sert d’abri et de seul moyen d’approche.
  • Des jumelles 8x42 sont indispensables, une longue-vue change tout pour les outardes. Voir quoi emporter.
  • Le drone fait fuir tout ce qui vit et son usage est réglementé : lisez filmer et drone.
  • Le gros du budget n’est pas l’entrée des parcs mais le véhicule : aucun de ces sites ne s’atteint sans 4x4 avec chauffeur. Ces montants bougent : vérifiez avant le départ les règles et tarifs des aires protégées et les prix pratiqués.

À lire ensuite : l’observation des oiseaux, les rapaces, les fleurs de la steppe et la migration des gazelles.

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