La lutte accapare le stade et les photos. Les deux autres disciplines du Naadam se disputent ailleurs, et ce sont souvent les plus intéressantes. Le Naadam national tombe chaque année autour du 11 au 13 juillet.
Rien à voir avec un hippodrome. Les chevaux partent groupés dans la steppe et avalent, selon la catégorie, de l’ordre de 10 à 30 kilomètres d’une traite. Plusieurs centaines de montures peuvent s’aligner sur une même épreuve. On juge l’entraînement mené pendant des mois, pas la tactique du jockey. Les cinq premiers de chaque catégorie sont célébrés ; le dernier de la course des 2 ans devient bayan khodood, « ventre plein » : un titre de consolation.
On ne classe pas par race mais par âge du cheval : daaga (2 ans), shudlen (3 ans), khyazaalan (4 ans), soyolon (5 ans), ikh nas (6 ans et plus), plus une catégorie d’étalons, azarga. La distance augmente avec l’âge. Les valeurs exactes varient d’une année et d’une province à l’autre : fiez-vous au programme affiché sur place. Ce sont les petits chevaux du troupeau familial, ceux que vous monterez en randonnée.
Les chevaux sont montés par des enfants, choisis pour leur poids. Casque et protections sont obligatoires depuis 2005 ; depuis 2022, l’âge minimum est de 8 ans au Naadam national. Les chutes restent nombreuses et le sujet est discuté en Mongolie même, où la commission des droits humains et l’ONU demandent des règles plus strictes. En janvier 2025, le gouvernement a assoupli l’interdiction des courses de novembre à mai, en vigueur depuis 2019, tout en limitant la participation des mineurs hors saison d’été ; la décision a été contestée. Ce n’est pas un folklore neutre : autant le savoir avant de s’installer dans les tribunes.
L’arrivée se juge à Khui Doloon Khudag, une plaine à 35–40 km à l’ouest d’Oulan-Bator. L’entrée est libre ; le vrai coût, c’est le transport. Des bus spéciaux sont affrétés les jours de course, les taxis ont besoin d’une autorisation pour entrer et la route sature. Partez avant 6 h. Le plus simple reste un 4x4 avec chauffeur ou un transfert réservé par votre hôtel. Bloquez la journée entière. Côté buvettes, ce sera surtout du mouton et de l’airag.
Le tir se tient sur le terrain national, en plein centre d’Oulan-Bator, à côté du stade : gratuit et facile à caser dans une journée de Naadam en ville. Les cibles ne sont pas des panneaux verticaux mais des sur, petits cylindres de cuir tressé alignés au sol en une muraille basse qu’il faut faire tomber. Les hommes tirent à 75 mètres, les femmes une dizaine de mètres plus près. On concourt par équipes de dix, quatre flèches par tour, en deel. Des juges placés près des cibles annoncent chaque touche par un cri chanté, le uukhai, bras levés. Trois traditions coexistent : khalkh, bouriate et ouriankhaï. Le rythme est lent, c’est la discipline la plus photographiable de près.
Vu de l’arrivée, une course dure trois minutes après trois heures d’attente dans la poussière, sans ombre et avec des sanitaires sommaires. Beaucoup préfèrent un naadam de province : mêmes épreuves, foule dix fois moindre, chevaux qui passent à trois mètres. Si vos dates ne couvrent pas juillet, regardez la meilleure période ou le festival de l’aigle d’or en octobre.
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